La nature dans tous les sens

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Ceux qui connaissent la galerie savent que le hard et le cru, le fort et l'audacieux sont toujours de la partie, privilégiant ainsi une part assez importante et très actuelle de l'art contemporain plutôt osé dans tous les sens du terme. Cette exposition n'apporte pas un démenti mais des nuances dès lors que ce ne sont pas tant les images qui s'avèrent de cet acabit au premier degré, mais davantage le traitement pictural. En effet, la plupart des artistes, ils sont une vingtaine, propose une remise au goût du jour de certaines formes de réalismes picturaux. Il est des artistes qui furent rejetés depuis une trentaine d'années pour avoir pratiqué ce type de peinture qui ne doivent pas comprendre ce renversement de situation!

Les cycles sont ainsi faits que personne n'aurait osé présenter une «vanité» des plus réalistes comme le fait David Nicholson et encore moins cet immense tableau à l'ancienne, sorte de bacchanale très dix-septièmiste peuplée néanmoins d'un lot de beautés féminines nues! Que se passe-t-il donc? Une rupture, d'abord par rapport au rejet de la peinture, ensuite par rapport au conceptuel radical et au minimalisme, ainsi qu'à l'art pour l'art. Par tous les côtés c'est la vie qui reprend le dessus, qui s'impose comme sujet premier, d'où le titre: «After Nature» (d'après nature), du paysage à l'humain avec son corps, ses rêves et ses phantasmes.

LIBÉRER L'IMAGINAIRE

Jeunes artistes belges, hollandais, américains et autres comme ce Suisse assez fabuleux, Léopold Rabus, un conteur plus venimeux que naïf, tous donnent libre court à leur imaginaire, à leurs envies picturales qu'elles soient illustratrices, narratives ou qu'elles interrogent l'image picturale comme le fait assez remarquablement Stephan Balleux que l'on retrouve avec plaisir.

Cette peinture est tout sauf sage, sauf tranquille, sauf innocente, sauf quelconque, sauf silencieuse. Sa grande liberté est sa première force. Elle prend modèle pour le mettre à son pinceau sans ménagement, là où elle a envie, chez les anciens, chez les expressionnistes de toutes tendances, chez les hyper de tous les réalismes et même chez les abstraits quand il faut, par exemple pour un Thierry Feuz assez floral.

Difficile de s'engager dans le détail, les participants sont trop nombreux, mais outre ceux cités ne manquez pas un Jan De Lauré pour l'étendue de son registre comme un Gauthier Hubert, un Terry Rodgers pour ses images un peu désabusées de post-party sexuelle, une Anya Janssen pleine d'audace et de maîtrise dans une expression très contemporaine, un Joy Garnett pour son insertion dans l'actualité, mais aussi Charley Case et Colin Cook, dessinateurs.

© La Libre Belgique 2005

Claude Lorent

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