Arts et Expos

Les plus avertis connaissaient déjà l’artiste belge Jules Schmalzigaug (1882-1917). En 1984, il avait bénéficié d’une première redécouverte avec l’aide de Ronny Van de Velde. Et les expositions sur le futurisme, en Belgique ou à Venise ont montré son œuvre. Mais pour beaucoup, ce sera la révélation d’un talent prometteur, disparu brusquement à 34 ans, en 1917, se suicidant sans qu’on en connaisse la raison.

Jamais, il n’exposa de son vivant en Belgique, et les nombreux tableaux et dessins exposés au musée des Beaux-Arts, accompagnés d’un livre, sont probants. Il fut le seul peintre belge impliqué dans l’aventure futuriste avant le déclenchement du premier conflit mondial. Ce fut en visitant en 1912, l’expo parisienne des futuristes italiens qui constitua, pour lui, une véritable révélation, qu’il vira de bord, s’installa à Venise et commença à y nouer des liens avec l’avant-garde artistique, futuriste. Au printemps 1914, il prend part à l’Esposizione libera futurista internazionale à Rome, où il exposa son travail à côté de celui des figures-clés du futurisme italien et international. C’est Venise qu’il aima et qui le célébra. En 1913, il dit vouloir "traduire le sens du mouvement par la décomposition de la forme". En 1914, il expliquait à Boccioni : "qu’il a renoncé à toute perspective univoque au profit d’une orchestration en tapisserie sur un seul plan, d’éléments coloristes suggérés par un sujet donné et arrangés selon un rythme en arabesque arbitrairement dicté par l’intuition ou l’émotion". Ce jeune artiste né à Anvers en 1882 dans une famille allemande avait découvert la peinture en mouvement, l’explosion des couleurs et jeté aux orties la peinture traditionnelle. Il rédigea aussi un traité sur la couleur "La panchromie". Une belle découverte.

Jules Schmalzigaug, au musée des Beaux-Arts, jusqu’au 23 janvier.