Arts et Expos

Mons, `capitale culturelle de la Wallonie´, veut justifier cette appellation. La ville multiplie les initiatives et est venue présenter à Bruxelles, pour sortir de tout nombrilisme provincial, sa grande expo pour l'été. Du 28 juin au 17 novembre au musée des Beaux-arts de Mons, se tiendra la première grande rétrospective des peintres du groupe Nervia.

Mons avait déjà permis de rédécouvrir des peintres belges de talent et trop méconnus. L'exposition Anto-Carte (1995) et Louis Buisseret (1998), avaient été pour d'aucuns une vraie découverte. Ces peintres avaient été trop vite taxés d'académique et opposés trop schématiquement aux Flamands de l'école de Laethem Saint-Martin dont l'expressionisme aurait été plus novateur. Or on redécouvrit toute la finesse et la force symbolique d'Anto-Carte, toute l'élégance chaude et l'italianisme de Buisseret. Nervia et Laethem Saint-Martin sont souvent loin de s'opposer.

Passant à la vitesse supérieure, Mons a donc décidé de rendre hommage à l'ensemble du groupe Nervia.

En 1928, Anto-Carte et Louis Buisseret et un ami assureur Léon Eeckman (régisseur et secrétaire du groupe) créent Nervia. Un nom qui fait référence aux Nerviens, cette tribu gauloise opposée à César dont nous parlait nos manuels scolaires.

`Nous voulons aider de jeunes peintres, écrivait Nervia à ses débuts, dont nous avions observé les travaux plein d'intérêt- Léon Navez, Taf Wallet, Frans Depooter et Jean Winance. Nous fûmes aidés en cela par nos amis Paulus et Strebelle. Nervia fut pour ces jeunes un chemin raccourci vers la notoriété´. Nervia voulait rendre `manifeste sur la scène nationale et internationale la présence de l'art wallon´.

Une intense activité

Nervia dura exactement dix ans. Le groupe fut hyper-actif puisqu'il organisa en dix ans, 20 expositions. Il est difficile de classer les `Nerviens´ dans de mêmes qualificatifs. Les organisateurs tentent de résumer : `l'artiste Nervien veut communiquer son émotion et son bonheur devant le spectacle de la vie. Par rapport à l'école expressioniste, on peut dire que les Nerviens préfèrent le chant au cri, la raison à l'instinct. Un certain idéalisme contient leur lyrisme´;

Mais au-delà de cela, domine la diversité. Un Louis Buisseret est fasciné par le Qattrocento italien qui l'inspire dans ses paysages, les portraits qu'il affectionne, par le choix des couleurs. Il est le plus italianisant du groupe avec Léon Navez. Mais leur classicisme ne voulait nullement dire académisme. Certains de leurs portraits sont proches de Modigliani. Comme certains paysages de Frans Depooter sont proches d'un Robert Delaunay. Nervia était branché aussi sur l'art de son époque. Tout autre est l'approche de Pierre Paulus, un peintre social wallon, des paysages industriels. Taf Wallet fréquenta aussi Nervia avant de faire une trés longue carrière de peintre de la mer (il est mort l'an dernier à 99 ans). Une rétrospective Taf Wallet aura lieu au musée Ianchelevici à La Louvière. Des peintres à redécouvrir.

Nervia, `peintres belges des années 30´, au musée des Beaux-arts de Mons du 28 juin au 17 novembre avec les assurances Leon Eeckman.

Taf Wallet, au musée Ianchelevichi, à La Louvière, aux mêmes dates.

© La Libre Belgique 2002