Arts et Expos

Nomination prestigieuse et délicate à Paris pour le Belge, ex-directeur de la Tate Modern.

Le conseil des ministres français a nommé ce mercredi matin le Belge Chris Dercon à la présidence du Grand Palais-Musées nationaux à Paris: un énorme établissement public qui emploie mille agents, organise des grandes expos et événements, gère la Grande Nef, le Palais de la découverte, etc. Le poste était vacant depuis la démission en juin dernier de Sylvie Hubac.

Chris Dercon se trouvera devant une tâche énorme et déjà très controversée: la rénovation du Grand Palais par des travaux pharaoniques durant plus de trois ans, entre décembre 2020 et le printemps 2024 (pour les J.O.), en fermant entièrement le Grand Palais, pour un montant de 466 millions d’euros que d’aucuns estiment déjà sous-évalué quand on se souvient du dérapage budgétaire du chantier de la Philharmonie.

Le Grand Palais, construit en 1900, est un bâtiment hors norme à côté des Champs-Elysées et de la Seine: 70000 m2 de surface avec la plus grande nef d’Europe avec 13500 m2 de surface, couronnée d’une verrière de 17500 m2.

Sur le site internet du Grand Palais on lit que « La Rue des Palais, innovation majeure, traversera le monument de part en part et en deviendra la spectaculaire artère, qui reliera tous les espaces jusque là isolés : la Nef, les Grandes Galeries, le Palais de la découverte. »

Chris Dercon, 60 ans, silhouette haute, chevelure blanche, en impose par son parcours. Né à Lier en 1958, études d’histoire de l’art, de théâtre et de théorie du cinéma. En 1988, il était nommé directeur au PS1 à New York qui deviendra l’aile contemporaine du MoMa. Puis ce fut la direction du centre d’art Witte de With à Rotterdam, et celle du musée Boijmans Van Beuningen qu’il agrandit avec les architectes Robbrecht et Daem. Puis, ce fut la Haus der Kunst en 2003 où il fit très forte impression pendant huit ans, organisant des expos spectaculaires et originales : Paul McCarthy, Ai Weiwei, la collection Daled. Nommé directeur de la Tate Modern, un des 2 ou 3 postes les plus prestigieux en matière d’art moderne et contemporain, il y a organisé des expos magnifiques, amené la danse, et surtout mené le projet de l’aile nouvelle (la pyramide de dix étages d’Herzog & De Meuron, 360 millions d’euros), avec la recherche permanente de fonds. Une expérience d’un très grand chantier culturel qui a dû certainement jouer pour sa nomination au Grand Palais. En 2015, il prenait la tête de la Volksbühne de Berlin (un théâtre), mais son arrivée s’est heurtée à des oppositions politico-berlinoises qui ont entraîné sa démission en avril dernier.