Arts et Expos

A Bozar, l'ancien prix de La jeune peinture belge prend de la hauteur. Sous sa nouvelle dénomination, il vise à donner une visibilité internationale aux artistes belges ou vivants en Belgique. Les quatre lauréats en lice exposent à Bozar avant la remise du prix le 19 avril.

Destiné à l’origine à soutenir les jeunes artistes belges et à les aider à obtenir une reconnaissance nationale auprès des professionnels de l’art, directeurs de musées et galeristes, l’ex-prix de la Jeune peinture belge vient de se muer en "Belgian Art Prize" (BAP). Un changement radical qui modifie le but initial autant que le processus de désignation des lauréats sélectionnés pour l’exposition à Bozar. C’est dans un contexte international que s’inscrivent les modifications. Rencontre avec Carole Schuermans, directrice du BAP et Sophie Lauwers, directrice des expositions à Bozar.

Ni jeune, ni pictural

Fondé en 1950, le prix de la Jeune peinture belge a subi une première adaptation en 2013 en adoptant une terminologie anglaise et en supprimant le terme "peinture", il devenait le "Young Belgian Art Prize". "Depuis des années, nous dit Carole Schuermans, le terme peinture posait des problèmes aux artistes et au jury. Il ne correspondait plus aux réalités de la création artistique qui s’est ouverte à de nombreuses autres disciplines sans évincer la peinture qui devenait minoritaire. Notre souci à ce moment-là a été d’ouvrir le prix aux autres disciplines." La seconde modification dans le titre vient d’intervenir en faisant sauter le "Young" ! Désormais le prix ne s’adresse plus aux jeunes mais aux artistes déjà confirmés. "Les raisons de ce changement sont doubles. D’une part, nous avons constaté qu’il existait en Belgique de plus en plus de prix destinés aux jeunes artistes de moins de 35 ans. Ils sont excellents et permettent de repérer les artistes émergents et de les soutenir. D’autre part notre souhait était, avec Bozar, institution internationale, de nous placer au niveau d’autres prix étrangers dont le retentissement est très favorable aux artistes sélectionnés et primés. Le Turner Prize (Londres) ou le Prix Marcel Duchamp (Paris), ont montré la voie et comme nous restons le prix le plus important en Belgique, nous avons opté pour ce type de projet."

Deux prix au lieu de quatre

L’option correspond effectivement aux orientations internationales à ceci près que le montant attribué au lauréat (25 000 €) devrait sensiblement augmenter pour se porter au niveau des meilleurs prix internationaux et que de quatre prix attribués antérieurement, il n’en existe plus que deux. Un choix assumé par les organisateurs. "Nous avançons progressivement, précise Sophie Lauwers, le Palais des Beaux-Arts investit énormément dans l’organisation du Prix qui retrouve les espaces Antichambre. Le montant du Prix Langui n’est pas perdu mais nous réfléchissons à une nouvelle forme d’attribution. Chaque artiste reçoit un subside pour la réalisation de son œuvre exposée, et ING consacre 10 000 € à un prix qui sera attribué par le public. Nous souhaitons aussi mettre en valeur le lauréat car en attribuant quatre prix, on ne savait plus qui était le gagnant."