Arts et Expos

L’artiste Silvia Hatzl, née en Bavière mais installée depuis longtemps à Bruxelles a travaillé deux ans sur ces installations qui « habitent » parfaitemnt la belle chapelle de Boondael. On y découvre comme de grands vêtements diaphanes, des suaires oubliés, des bustes rongés par le temps, des « draps » transparents qui parfois vont du plafond jusqu’au sol. Des silhouettes vides, des robes imbibées de rouille. Dans le chœur, un vêtement imposant comme sorti d’une toile de Rembrandt.

L’univers de Silvia Hatzl est théâtral et mystique.

Elle a souvent travaillé en Belgique avec des metteurs en scène (comme Bernard de Coster) et son impressionnant travail aujourd’hui, à la chapelle, fait penser à des tableaux d’Anselm Kiefer qui seraient devenus des sculptures.

En détaillant ces vêtements sans tête ni corps, on découvre peu à peu, qu’ils sont faits des matériaux d’une alchimiste : des peaux et boyaux de lapin travaillés jusqu’à devenir translucides, des tissus durcis en les plongeant dans des pigments purs, de la soie mêlée à de la paille, des cendres et des cordes. Ce sont des « secondes peaux », les enveloppes de présences/absences mystérieuses.

Un univers envoûtant, surtout quand le soleil vient jouer par les fenêtres. Silvia Hatzl est en permanence à son expo et, chaque week-end de mai, elle y organise des concerts qui répondent à l’exposition. Celle-ci s’intitule « Ahnen » qui signifie les aïeux mais aussi « prémonition. Pina Bausc intitula ainsi un des spectacles.

 

Ahnen, Silvia Hatzl, chapelle de Boondael, Ixelles, square du Vieux tilleul, jusqu’au 28 mai, de jeudi à dimanche de 14h à 19h. Concerts le week-end à 20h. Infos : ahnen.be