Arts et Expos

C’est un moment exemplaire de l’histoire de l’art. Quand brusquement le ciel se dégage et que les utopies semblent réalisables. Un moment méconnu qui a directement suivi la révolution russe de 1917. C’est une histoire qui reste d’une belle actualité que raconte le Centre Pompidou avec plus de 250 oeuvres et documents dont de magnifiques Chagall, Malévitch et Lissitsky.

1918: les Bolcheviks étaient alors juste au pouvoir et s’employaient dorénavant à transformer en profondeur la société russe. Leur projet émancipateur passait par l’Education et la Culture. Anatoli Lounatcharski, le premier commissaire du peuple à l’instruction publique (de 1917 à 1929), était très ouvert aux artistes de gauche (l’opposé de ce que sera plus tard Jdanov qui tua toute velléité gauchiste en culture).

Il fut séduit par le projet de Marc Chagall (1887-1985) qui voulait créer une première école populaire d’art, gratuite, ouverte à tous, sans restriction d’âge, et de le faire à Vitebsk, sa ville natale. Vitebsk, située dans l’actuelle Biélorussie, était très juive. Comme Chagall, de nombreux artistes juifs avaient subi l’antisémitisme de l’Empire russe et étaient enfin, grâce à la révolution, reconnus comme citoyens à part entière.