Arts et Expos

L'Expo 2005 démontre la volonté de Tokyo d'accroître sa visibilité sur la scène internationale après la «décennie perdue», l'ère de marasme des années 1990. «Je souhaite que cette exposition marque le point de départ d'une réflexion sur la coexistence de l'homme et de la nature», a plaidé le Premier ministre japonais Junichiro Koizumi lors de la cérémonie d'ouverture. Après l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto le 16 février dernier, la protection de l'environnement est l'un des domaines où le Japon affiche une forte ambition volontariste pour gagner en influence sur la scène mondiale.

En janvier dernier, M.Koizumi avait affirmé que l'Archipel devait affirmer sa présence internationale notamment grâce à son soft power - la diplomatie culturelle - dans la mode, la cuisine ou l'industrie du divertissement, auxquelles s'ajoute aujourd'hui le développement durable. «Les technologies sont la clé pour rendre le développement économique compatible avec la protection de l'environnement», a insisté M.Koizumi devant un parterre de plus de 2000 invités, dont l'empereur Akihito et le prince héritier Naruhito. La cérémonie a été ponctuée par l'entrée des véritables stars d'Aïchi 2005, les robots humanoïdes créés par Toyota, Sony ou Honda. L'Exposition universelle est aussi l'occasion pour le Japon de rappeler au monde son savoir-faire et son avance technologique. Des dizaines de robots ou de prototypes aux fonctions très diverses (nettoyage, sécurité, guide, chaises roulantes) arpentent le site, sans compter ceux qui se donnent en spectacle dans les pavillons des entreprises participant à l'événement.

«Notre mission est de montrer la civilisation moderne, sa culture et les dernières technologies et de les transmettre pour la prospérité des générations futures», a vanté Shoichiro Toyoda, le président de l'association organisatrice d'Aïchi 2005. «Une Expo universelle est le miroir qui reflète l'image d'une époque.» La prochaine Expo aura lieu à Shanghai en 2010.

Le pavillon belge

Rappelons que le pavillon belge de l'exposition d'Aïchi propose au public d'assister à un «opéra pictural» mettant en scène plusieurs tableaux de peintres belges. D'une superficie de 1442 m2, le pavillon, qui comprend également un café-restaurant de 203 m2 et un centre d'affaires de 70 m2 (50 places), abrite une présentation scénographique hors du commun: plusieurs tableaux de maîtres belges, dont certains mesurant 8 mètres de haut et ayant pour thème la nature, seront mis en scène grâce à des projections et des jeux d'éclairages, accompagnés d'une bande sonore. Le spectacle se termine par la projection d'un film permettant au visiteur de faire connaissance avec les artistes belges actuels. La mise en scène a été développée par les concepteurs François Schuiten et Alexandre Obolenski.

© La Libre Belgique 2005