Arts et Expos Le gouvernement bruxellois a donc annoncé son souhait d’implanter un nouveau musée d’art moderne et contemporain dans la zone du canal. Mais pour Michel Draguet, directeur du musée des Beaux-arts et Philippe Courard (notre photo), secrétaire d’Etat à la Politique scientifique, le plus urgent reste d’abord le déménagement du Musée d’art moderne dans les locaux de l’ex-Dexia Art center, ex-établissements Vanderborght. Des locaux qui se trouvent juste au bout des Galeries de la Reine, à deux pas de la Grand-Place.

On attend toujours que ce dossier arrive sur la table du Conseil des ministres. Cela devrait se faire à la rentrée mais avant cela, il reste sur la table de l’Inspection des Finances. On sait que celle-ci a déjà demandé que le coût d’aménagement du Vanderborght, quelque 11 millions d’euros, se fasse en partie avec du sponsoring privé.

Mais l’Inspection des Finances demande davantage : elle veut s’assurer que le fonctionnement futur de ce musée ne va pas mettre en péril le budget du Musée des Beaux-arts, c’est-à-dire qu’il soit "self supporting", qu’il se paye lui-même par ses entrées et ses sponsors. Michel Draguet a imaginé un concept de musée d’art moderne (il ne croit pas en la notion d’un musée d’art contemporain) qui partirait de 1914 jusqu’aux influences postmodernes d’aujourd’hui, dans tous les domaines, y compris la vidéo. Un musée qui dresserait en quelque sorte l’inventaire de l’héritage du XXe siècle. Il absorberait évidemment les collections d’art moderne qu’on ne peut plus voir au Musée des Beaux-arts (cette partie du musée est fermée pour être remplacée par un musée "Fin de siècle"). Mais aussi, peut-être, la collection Belfius et d’autres collections privées ou semi-publiques.

Michel Draguet veut créer un concept original pour attirer les visiteurs.

Pour répondre à la demande de l’Inspection des Finances, il faudrait en effet, 380 000 visiteurs par an, un chiffre impressionnant (équivalent à la fréquentation du musée Magritte), mais possible, estime Michel Draguet qui compare ce chiffre aux "scores" obtenus par des musées semblables dans plusieurs villes européennes moyennes (Metz, Lyon, Grenoble, Roubaix, etc.). D’autant que ce musée serait tout près de la Grand-place par où passe la majorité des touristes.

Pour atteindre ce score, ajoute-t-il, il faudra que la ville et la Région s’impliquent fortement pour assurer une communication maximale vers le public potentiel. L’ouverture se ferait en 2017.