Arts et Expos

Ce vendredi, à la Maison du peuple de Saint-Gilles et sur le Parvis, aura lieu la grande soirée d’ouverture pour le parcours d’artistes qui fête cette année ses 30 ans. Certes, aujourd’hui, toutes les villes ou presque le font, mais Saint-Gilles fut pionnier et son parcours reste le plus emblématique.

Cette année, le parcours se déroule du 25 mai au 3 juin avec une nuit des galeries (il y en a 20 à Saint-Gilles) le mercredi 30 mai, et se poursuivra ensuite du 15 au 24 juin à Forest.

Déjà, rien qu’à Saint-Gilles, le public, armé du plan, des cartes postales et des notices explicatives pourra sillonner les rues de la commune à la découverte de 160 ateliers ou maisons d’artistes.

Saint-Gilles, commune dense et cosmopolite, a toujours été une commune riche en artistes, surtout quand les loyers y étaient encore bon marché. Ce parcours saint-gillois se caractérisait d’emblée par ce mélange entre amateurs et professionnels, quelques noms plus connus et une foule de noms inconnus à découvrir, sans filtre, avec en plus des expositions dans des lieux et espaces publics.

Cette année par exemple, Michel François y vient mais avec un projet participatif. Il a proposé une rencontre-atelier avec de jeunes Saint-Gillois invités à peindre sur ses grandes photographies noir et blanc. Le résultat sera exposé à la Maison du peuple.

Un autre artiste bien connu, Pascal Bernier, a organisé, pour cette édition, "le gang des tagueuses", proposant à des personnes du troisième âge de la résidence des tilleuls de s’initier au street art et aux graffitis et de réaliser ensemble une fresque ! Beau pied de nez au "jeunisme" ambiant.

Louche ?

Les artistes Benoit + Bo, revenus de Shanghai, investiront des lieux publics de Saint-Gilles avec de grands masques chinois rappelant aussi Ensor. Michel Husson présentera des photographies à la Maison Pelgrims et le centre Jacques Franck exposera les photographies de Chrystel Mukeba.

En 1988, cela avait été une opération pionnière lancée par Albert Eylenbosch et Alain Hutchinson à la demande du bourgmestre, Charles Picqué. Angel Vergara s’en souvient encore : "On m’avait proposé d’en être, mais j’ai d’abord refusé, car je n’avais pas d’atelier et, de plus, le fait que des politiciens de la commune mettent en avant l’art, me semblait louche."

Mais ensuite il a participé plusieurs fois, réalisant en rue sa célèbre performance "straatman" sous un drap blanc.

Cette fois encore, si Michel François ou Pascal Bernier sont indirectement présents, ils n’ouvrent pas leurs ateliers.

L’idée de mélanger ainsi les pratiques professionnelles et amateurs, individuelles et collectives, de mêler tous les âges et toutes les catégories socio-professionnelles, de faire se rencontrer artistes et grand public, fut vite un succès copié partout. Jusqu’à Rabat au Maroc ou Saint-Jacques de Compostelle en Espagne ! En 2010, on a compté encore 40 000 visiteurs pour ce parcours saint-gillois.Guy Duplat