Arts et Expos

"Là, dans l’ancien couvent des Unterlinden, il surgit dès qu’on entre, farouche, et il vous abasourdit aussitôt avec l’effroyable cauchemar d’un calvaire, avec ses buccins de couleurs et ses cris tragiques, avec ses violences d’apothéoses et ses frénésies de charniers. C’est comme le typhon d’un art déchaîné qui passe et vous emporte."

Le romancier Joris-Karl Huysmans a écrit des pages enflammées qui évoquent sa rencontre avec le retable d’Issenheim dans "Trois Primitifs" en 1905. Il n’est pas le seul. Tous les artistes du XXe siècle qui l’ont découvert restèrent marqués par la qualité picturale de l’œuvre, la richesse des couleurs employées et l’expressivité des scènes et des personnages : Otto Dix, Max Beckmann, Picasso, Ernst, Bacon, Pollock, Tinguely… Jusqu’à Berlinde De Bruyckere, qui a la reproduction du retable dans son atelier, et à l’artiste français d’origine algérienne Adel Abdessemed, qui a repris en 2012 le corps supplicié du Christ mais tressé avec du fil de fer barbelé et ponctué de doubles lames tranchantes comme des rasoirs, le matériau utilisé dans le camp de Guantanamo !

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