Arts et Expos

A Pompéi, les archéologues fouillent dans des lapilli, des amas de poussières volcaniques coagulés sur une profondeur de quinze mètres. Herculanum, située de l'autre côté du Vésuve, n'a pas subi cette pluie en raison de vents contraires. Ses habitants ont été tués par une nuée ardente, des gaz toxiques brûlants, atteignant une température de 400°. «Ce n'est pas quelque chose de rare, nous dit Cécile Evers, responsable des collections étrusque et romaine aux Musées royaux d'art et d'histoire. Les spécialistes affirment que c'est un phénomène courant dans ce type d'éruption. On l'a notamment observé au Mexique».

Par la suite, vingt-trois mètres de boue volcanique ont recouvert la ville en quelques heures. «Il est difficile de fouiller là, poursuit l'archéologue. Il faut presque y aller au marteau piqueur». Rien d'étonnant, dès lors, s'il a fallu attendre le XVIIIè siècle pour redécouvrir la cité, ainsi protégée des pillages. «Cela s'est fait vraiment par hasard. Un paysan a creusé un puits et il s'est retrouvé pile sur le théâtre d'Herculanum. Il a alerté les autorités de Naples, les Bourbons à l'époque, qui ont commencé les fouilles» . Jusqu'au milieu du XIXè siècle, celles-ci se sont toutefois poursuivies d'une manière des plus désordonnées...

Une exclusivité européenne

Exception faite pour quelques pièces fragiles - notamment les meubles en bois, seuls de cette époque à nous être parvenus -, les conservateurs napolitains se sont montrées souples dans l'octroi des visas aux pièces les plus précieuses ou les plus récemment découvertes. A cette dernière catégorie appartient la grande fresque de Terzigno, qui présente une série de caractères atypiques comme de grandes figures en sa partie centrale. «On ne sait pas encore comment l'interpréter, précise la coorganisatrice. Comme c'est encore inédit dans les publications, tous les spécialistes de la peinture romaine qui n'ont pas été à Naples vont venir ici».

Eric Gubel, chef du département Antiquités des Musées royaux d'art et d'histoire, nous a avoué en avoir vu de toutes les couleurs pour mettre sur pied cette exposition, jusqu'à inquiéter son médecin! Consolation: «Da Pompei a Roma» va sûrement faire florès, car il s'agit d'une occasion unique d'admirer des merveilles qui n'iront nulle part ailleurs en Europe.

Bien sûr, le sponsoring est intervenu, procurant notamment les supports informatiques grâce auxquels on pourra prolonger sa visite de façon virtuelle. Mais la chasse n'est pas toujours aisée en la matière, confie Cécile Evers: «C'est très difficile. On nous dit: "Une exposition sur Pompéi, vous n'y pensez pas? Nous, on préfère Kim Clijsters et Justine Henin"».

© La Libre Belgique 2003