Arts et Expos Le peintre Stijn Cole s’installe au château de Chimay jusqu’à l’été.

Le prince et la princesse de Chimay invitent chaque printemps un artiste plasticien à exposer au château. En ce moment, c’est le Gantois Stijn Cole (1978 - vit à Seloignes). Le paysage et sa beauté naturelle, la fuite du temps et son aspect philosophique sont les pôles majeurs du travail de l’artiste qui pratique la photo, le dessin, la peinture en des chemins opposés qui se rejoignent et s’adossent à l’histoire de l’art.

La double vision

Pour sélectionner une partie du paysage, les peintres anciens posaient fréquemment un cadre, parfois quadrillé, afin de délimiter la portion choisie et partant le point de vue. C’est ce même principe de travail qu’a adopté Stijn Cole dans tous les cas de figure, pour ses deux dessins "d’arbres d’exception" du parc du château, autant que pour ses photographies à base de ses peintures. D’autant qu’à chaque fois il détermine précisément le lieu et la distance du point de vue. Il cadre ses motifs. Et l’on verra qu’il les réalise aussi au carré. Il offre de la sorte une double vision. La première est une interprétation paysagère, au format et à l’échelle 1/1, au crayon noir mais nuancé, sur papier. Une forme de réalisme apparent qui fait illusion car, vu de près, il prend des libertés avec la soi-disant fidélité du rendu. C’est sa manière à lui d’insérer sa personnalité dans la voie de la tradition. On ne sera donc pas étonné, qu’il rende aussi des hommages, tantôt à Cézanne, tantôt au Titien, tantôt à Marthe Wéry. En un second temps, il livre picturalement des interprétations abstraites.

Le numérique au carré

Grâce à un logiciel capable de déceler 256 nuances de couleurs dans une image photographique décomposée, Stijn Cole, au départ d’un petit projet pictural divisé en carrés qui lui permet de trouver la nuance chromatique obtenue par voie numérique, va réaliser de grandes peintures totalement abstraites, reproduisant en une succession de formes géométriques, les teintes obtenues. Le paysage est dorénavant abstrait. En travaillant sur deux photographies strictement identiques mais prises à un très court intervalle défini, il donne à voir deux peintures, l’une en avant-plan, l’autre en arrière-plan selon la tradition picturale paysagère. De la sorte, il comptabilise le temps à travers les modifications chromatiques de la lumière. Il adapte également ce mode de perception et de transcription colorée sur des périodes plus longues, par exemple de 24 heures. Au bout du compte, sa démarche ambivalente fige le temps par le dessin et le distille par la peinture.

Stijn Cole, "1 : 1". Château de Chimay, 14 rue du château, 6460 Chimay. Jusqu’au 30 juillet. Du mardi au vendredi de 14h à 16h, week-end de 11h à 13h et de 14h à 17h. www.chateaudechimay.be