Arts et Expos

Son affection pour les matières picturales riches travaillées, tarabiscotées, chatoyantes même et séduisantes, ne se dément pas, bien au contraire, à travers les œuvres récentes de l’exposition qui lui est consacrée en tant que lauréat du Prix Gaston Bertrand.

Lui, c’est Christian Rolet (1945 - Vit à Tournai), peintre qui expose depuis la fin des années 60 après avoir suivi les cours de peinture notamment auprès de Gaston Bertrand. Créée en 1986, la Fondation Gaston Bertrand a pour but d’assurer la promotion et la notoriété de l’œuvre de Gaston Bertrand (1910-1994). Mais selon le souhait de l’artiste, la Fondation a élargi ses activités en créant un Prix, présidé par le Baron Roberts-Jones, qui récompense un peintre belge ayant sa propre démarche pour rendre visible son monde intérieur. Et le choix de Christian Rolet correspond parfaitement aux objectifs poursuivis, car ce dernier s’est constamment tenu à la lisière entre abstraction et figuration, exploitant l’un et l’autre courant avec des prépondérances pour l’un ou l’autre suivant l’époque, mais en mixant le plus fréquemment les deux. Ce qui lui vaut de travailler dans l’allusif plutôt que dans l’affirmation et dès lors de livrer sensibilité, émotions, ressenti, davantage qu’un concept.

En insérant dans l’ensemble quelques œuvres datant de 1967 à 1968, appel est lancé à la comparaison avec les œuvres actuelles et l’on y retrouve, le même climat, la même ambiance dans des formulations formelles, certes un peu différentes, mais en étroite affinité. La seconde permanence est la présence de la silhouette humaine avec toute sa charge et son potentiel, voire celle d’un objet aussi banal qu’une chaise vide, néanmoins prétexte à un dialogue.

C’est entre ces pôles que l’artiste a constamment voyagé en recherchant à traduire des sensations, voire des sentiments, des impressions aussi, autrement dit un vécu face auquel les mots doivent souvent reconnaître leur impuissance. Et c’est là que le matiérisme intervient sans toujours être suffisamment contenu comme en ces nouvelles peintures très lyriques aux tonalités aquatiques bleutées. Cependant, il s’exprime le plus souvent dans l’ardeur du rouge vif ou dans le retrait des noirs et des gris, ainsi qu’en quelques accents en nuances ou en contrastes comme en trois petits tondos irréguliers ou en une grande peinture Still Life dans laquelle un croissant vert illumine un fond bordeaux très retenu. Et ce sont là de beaux morceaux !

Christian Rolet. Peintures. Centre d’Art de Rouge-Cloître, rue du Rouge-Cloître, 4, 1160 Bruxelles. Jusqu’au 25 avril. Du ma. au je. et les sa. et di. de 14 h à 17 h.