Arts et Expos

Du numérique à l’écologie, des redéfinitions géopolitiques aux questions philosophico-religieuses, le monde d’aujourd’hui vit une série de mutations qui engagent l’avenir de l’homme et de la planète. De plus en plus de plasticiens conscients des enjeux actuels s’emparent de cette actualité et proposent leur vision artistique d’un futur hypothétique.

A l’occasion du réaménagement de leur espace d’exposition, Olivier Meessen et Jan de Clercq ont invité trente-deux artistes à se pencher poétiquement, au départ d’une proposition scientifique, sur l’une des questions fondamentales qui détermineront l’évolution de la vie sur la planète terre. Une première du genre traitée à travers des œuvres dont les qualités esthétiques et conceptuelles rejoignent les perspectives envisagées et les interrogations soulevées.

Repenser le futur

En ajoutant une salle contemporaine aux pièces lumineuses d’une habitation bourgeoise transformée en galerie d’art, les protagonistes s’offrent la possibilité d’accueillir des œuvres plus lourdes, plus volumineuses et de varier les présentations en fonction des spécificités de chaque proposition.

Plus que jamais, leur galerie répond aux exigences d’un lieu réputé internationalement et adapté aux technologies ambiantes. L’ensemble actuel, extrêmement varié, permet d’établir des connexions qui enrichissent mutuellement les œuvres en soulignant la complexité de la problématique abordée.

A leur contact, on est sommé de repenser la manière de voir et de penser. Et par conséquent de concevoir le monde de demain, y compris artistique. On pourrait d’ailleurs s’interroger sur des formes d’art correspondant aux adaptations inévitables, de l’art numérique toujours en évolution à l’art écologique ou durable.

Très symboliquement, la première œuvre à laquelle on est confronté, due à Nicolas Lamas, est un étançon assurant la stabilité de base de tout l’édifice, architectural et intellectuel.

L’anthropocène

Le titre de l’exposition exige une mise au point préalable. Formulée par les galeristes : "Le terme ‘anthropocène’, introduit pour la première fois en 2000 par le chimiste et climatologue Paul Crutzen, signifie que l’espèce humaine est devenue une force géologique en tant que telle. Ses agissements sur la biosphère, l’atmosphère, l’hydrosphère et la lithosphère ont atteint une telle importance que le métabolisme de la terre a subi des bouleversements irrémédiables. Nous sortons d’un monde et nous entrons dans un autre. Les artistes invités renouvellent les façons de penser et nos modes de perception pour pouvoir faire face à ce qui est en train d’arriver."

Ce constat induit immanquablement une nouvelle approche de l’art et, de fait, une remise en question de notre propre relation à celui-ci et au monde. Les artistes invités sont-ils des visionnaires ? L’avenir seul nous le dira ! Pour le moment, leur pertinence nous interpelle. Demain commence aujourd’hui.

A.N.T.H.R.O.P.O.C.E.N.E. Galerie Meessen De Clercq, 2a Rue de l’Abbaye, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 6 février. Du mardi au samedi de 11h à 18h. www.meessendeclercq.com