Les structures de Dzamonja

Roger Pierre Turine Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Dusan Dzamonja est né à Strumica, en Macédoine, en 1928 et il y a près d'un demi-siècle déjà que ses boules, ses sphères, ses structures de clous, de chaînes, de bois, de pierre ou de bronze rayonnent, monumentales, dans l'espace des villes ou, versions plus réduites, dans celui de demeures sensibles aux formes organiques. Sans oublier toutes celles qui, par dizaines, dynamisent l'environnement du splendide parc de sa Fondation de Vrsar, en Istrie, point de chute obligé pour qui se pique d'être un amateur d'art et passe ses vacances dans ce coin béni des dieux de l'Adriatique croate. Fidèle à une Belgique, où il a vécu durant les tristes années de cette guerre récente qui scella la rupture de l'ancienne Yougoslavie chère au coeur de cet homme soucieux de valeurs, Dzamonja expose chez nous, bon an mal an. Bonne année donc que celle-ci qui nous le rend avec des travaux récents réellement passionnants dans le chef d'un créateur sans cesse en phase de redéploiement. Une demi-douzaine de sculptures, certaines plus rigides, épurées, dans leur acier corten, d'autres plus souples, constructions de chaînes ou architectures en travertin, donnent évidemment le ton à un ensemble largement ventilé entre les sculptures et des dessins surprenant de technique et d'audaces formelles. Des plus petits aux plus monumentaux, ils sont tous tableaux de lignes et de volumes, aux formes aujourd'hui plus éclatées qu'hier. Des couleurs, comme le mauve ou le vert y apparaissent même, ce qui est inédit, alors qu'ailleurs Dzamonja règle ses partitions en sépia, avec des ocres, des bruns. Des partitions, disais-je. En effet, ses dessins sont un peu comme ces papiers à musique qui nous dévoilent de subtiles formules magiques, des envolées lyriques ou spirituelles qu'on croit entendre et qui nous mettent l'oeil au diapason. Et si, en fin de compte, nous serions plus réservé quant à la solidité des petites pièces plus colorées, force nous est de constater qu'une fois de plus la jeunesse de l'éternel créateur enlève le morceau avec tact.

Roger Pierre Turine

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