Arts et Expos

La saga arrive à son terme. Le 18 novembre, l’UCL ouvrira enfin son beau grand musée. Pré-visite des lieux.

Enfin, le bout du tunnel. Voilà plus de 20 ans, qu’on évoquait un grand musée pour l’UCL à Louvain-la-Neuve, et chaque fois, les espoirs s’envolèrent: musée sur le lac par Risho Kurokawa, projet de Philippe Samyn à côté de la grande aula, projet de Perkins+Will payé par un mécène (Jean Peterbroek) hélas décédé avant la concrétisation de ce don. Tout échoua jusqu’à ce que les autorités universitaires eurent la bonne idée en mars 2012 d’installer le musée dans le bâtiment de l’ancienne bibliothèque des sciences créé par l’architecte André Jacqmain en 1973. Une magnifique architecture brutaliste, une sculpture de béton.

Ce musée dirigé par Anne Querinjean a reçu d’emblée son nom : « Musée L ». Avant l’ouverture du musée le 18 novembre, on pouvait déjà visiter ce jeudi le bâtiment réaménagé.

Ce sera de loin le plus grand musée universitaire en Belgique, avec 5828 m2 dont 3280 accessibles au public et 2580 d’expos permanentes et temporaires sur six étages.

© Jean-Pierre Bougnet


32000 pièces

Il le fallait car au fil des ans, l’ancien musée était devenu trop étroit et trop peu visible. Les collections, très variées, comptent plus de 32 000 pièces (il y a 40 ans, il n’y en avait que 4000).

L’expo permanente en présentera 800 et les expos temporaires seront ouvertes en particulier au dialogue avec l’art contemporain (la première présentera l’excellent artiste du Cameroun, Barthélémy Toguo).

L’enjeu de l’aménagement effectué par les architectes de l’UCL, Michel le Paige et Carole Deferière, était de taille : comment conserver la force sculpturale du bâtiment de Jacqmain mais en faire un musée mettant en valeur les œuvres ? Comment accueillir tous les public ? Le résultat est réussi, respectant bien le béton brut et la monumentalité de Jacqmain et le mobilier et les éclairages de Jules Wabbes.

L’ancienne bibliothèque a été entièrement vidée. Au rez-de-chaussée, l’entrée a été déportée et un mur de verre a été créé pour ouvrir le musée à la ville. Tout cet étage est consacré à l’accueil des publics, « faire une maison d’hôtes », avec ateliers pédagogiques, salle de pique-nique, cafétéria (un restaurant est prévu plus tard au sommet du bâtiment avec vue sur la ville). Les espaces bas de plafond posaient problème, mais l’éclairage très étudié empêche qu’ils soient écrasés.

Il fallait surtout mettre ensemble des collections riches mais hétéroclites (on y reviendra à l’ouverture du musée) où s’allient collection scientifiques et riches oeuvres d’art en dialogue: moulages, antiquités, arts populaires, art moderne (donation Serge Goyens), art ancien, ensemble exceptionnel d’estampes, collections scientifiques de tous les départements de l’unif, etc.

© Jean-Pierre Bougnet


Trois "labs"

Le choix est de faire dialoguer les collections dans un parcours en cinq questions : "S’étonner" (un cabinet de curiosités mêlant tout); "Se questionner" (la passion des chercheurs avec portraits de Lemaître, De Duve etc.); "transmettre" (l’écriture et le calcul avec la collection de machines à calculer de Luc de Brabandère); « S'émouvoir" (l’art de l’Antiquité au XXe siècle, la plus grande section, en majesté dans la grande salle); "Contempler" (focus sur la collection d’un amateur, le docteur Delsemme). On y ajoutera trois "labs", laboratoires d’expérimentation où les visiteurs pourront toucher, palper, étudier la couleur, la 3D, jouer.

Le musée a coûté 10,4 million d’euros venus surtout de mécènes privés : 7,4 millions pour la rénovation du bâtiment, 2,3 millions pour la scénographie (confiée aux Néerlandais Kinkom) et 0,7 million pour les réaménagements des abords du musée.

L’équipe compte 19 personnes (dont des temps partiels) et le musée espère passer vite en catégorie A des musées de la Communauté pour que le subside annuel passe de 92000 euros de subsides à plus de 200000 euros.