Arts et Expos

Le Design museum de Gand rend hommage au travail de Maarten Van Severen, un des plus importants désigners belges. On connaît de lui ses meubles (chaises, tables, bancs, armoires) aux lignes pures, minimales mais qui vont de pair avec un grand confort et une beauté plastique évidente (son minimalisme n'a rien d'austère). On le situe dans la lignée de Charles Eames ou Eileen Gray. On pourrait ajouter Marcel Breuer et Jacobsen. Ou faire référence à Donald Judd par la beauté de ses lignes et le soin apporté aux choix des couleurs.

Sa chaise «.03», déclinée dans toutes les couleurs, en bois ou en aluminium, est devenue un best seller depuis qu'elle est commercialisée par Vitra. Le mouvement du dossier et de l'assise se prolonge dans les pattes avant d'un seul tenant, avec dès lors des pattes avant carrées alors que les deux pattes arrière sont rondes et apparaissent comme des étais soutenant l'assise. Un autre de ses meubles est devenu célèbre: la chaise basse LC faite d'une plaque repliée comme une feuille de papier. Il l'a réalisée en aluminium et puis dans d'autres matières. En 2000, il la créait en acrylique transparent. De lui aussi ces fauteuils relax reposant sur un pied unique, référence à Marcel Breuer. Ou encore ce banc en mousse de polyuréthane, comme un bloc, et commercialisé par Edra.

Avec Rem Koolhaas

Maarten van Severen travaille lentement, patiemment, méticuleusement. Il a longtemps réalisé ses meubles dans son atelier avant de nouer - récemment - des liens commerciaux avec de grandes sociétés comme Vitra.

Il a d'autres cordes à son arc. De 1997 à 1999, il collabora ainsi au OMA, le mythique bureau d'architectes de Rem Koolhaas. Dans ce cadre, il participa à l'aménagement intérieur de la villa Floirac près de Bordeaux, qualifiée par le «Time magazine» de maison privée la plus importante du vingtième siècle, un projet fou où une pièce entière est posée sur un ascenseur et peut changer de niveau à volonté. C'est aussi Maarten Van Severen qui a réalisé l'aménagement intérieur des espaces publics (bibliothèque, cafétéria, art-shop, auditorium) du nouveau musée Van Abbe à Eindhoven: très classieux, élégant, avec un choix de couleurs (souvent des verts) très réussi.

En Belgique, il aménagea un étonnant pavillon dans les bois pour l'ancienne ministre Wivina De Meester et il construisit à Deurle, une maison «box», surprenante, totalement vitrée. Maarten Van Severen, 48 ans, qui est aussi dessinateur et photographe est le fils du peintre abstrait et minimaliste Dan Van Severen. Cet environnement l'a, dit-il, fortement influencé. Son frère Fabiaan Van Severen est aussi designer, mais totalement indépendant de Maarten.

L'exposition, mise en scène par Van Severen lui-même, montre tous ces aspects du travail du designer. La scénographie exprime un peu l'atmosphère parfois brouillonne, d'un atelier, d'un «work in progress» qui veut montrer les voies de la création. Pour en savoir plus, le musée et l'artiste éditent un beau livre, une rétrospective de son travail, et qui complète heureusement l'exposition.

«Maarten Van Severen», au Design museum de Gand, Jan Breydelstrat, 5. Jusqu'au 27 février. Chaque jour sauf lundi de 10h à 18h. Tél.: 09.267.99.99.

© La Libre Belgique 2004