Arts et Expos

Venise, c’est cette mer verdâtre, comme solide, comme huileuse, qui s’infiltre dans les canaux, qui lèche les murs roses décrépis, qui bat la mesure sur les marches des escaliers, qui tapote sur les flancs des bateaux qui griffent son eau. Mais il faudrait parler aussi de la lumière qui rend les femmes vénitiennes si belles, qui crée des ombres sur les places, qui pénètre dans les palais endormis et réveille les amants assoupis.

Cette impression devient sublime quand on pénètre dans le Palazzo Grassi, à côté du Grand Canal et qu’on découvre dans le grand hall la série "Axial Age" des six énormes tableaux que Sigmar Polke peignit en 2007 pour la Biennale de Venise. On y retrouve les glissements de la lumière, les transparences du soleil, les reflets dorés sur les fonds bruns. Curieusement, en admirant cet ensemble on a la même impression qu’en entrant à l’aube dans la basilique Saint-Marc déserte pour la messe des chanoines et qu’on devine à la lumière encore tremblotante, l’infini des voûtes.