Arts et Expos

Marcel Broodthaers (1924-1976) en eut souri. Voilà son "musée" installé dans un des lieux les plus prestigieux de Paris : la "Monnaie de Paris", la plus vieille entreprise du monde où on frappe la monnaie depuis 1150 ans. Située le long de la Seine, sur le quai Conti, en face du Louvre, ses prestigieux salons XVIIIe siècle abritent désormais des expositions réputées "impossibles".

Après avoir ouvert avec "le concerto pour (vrais) hélicoptères" de Stockhausen et l’expo McCarthy, avec dans les salons une vraie chocolaterie avec ouvrières et production, elle offre aujourd’hui le "musée d’art moderne, département des aigles" de Broodthaers, une œuvre qualifiée par Chiara Parisi, la directrice artistique de "fondatrice de l’art du XXe siècle". L’expo a demandé trois ans de travail, mené avec la veuve de l’artiste, Maria Gilissen, et la fille de Broodthaers, Marie-Puck.

On pénètre dans la Monnaie par un escalier monumental et un tapis rouge sur lequel est posé la malle en osier de Broodthaers. On traverse son "jardin d’hiver", son "oasis dans le désert", rempli de palmiers, de sièges de jardin et de reproductions d’animaux exotiques, un "décor" montrant que le musée est un lieu de promenade.

Broodthaers, né à Saint-Gilles en 1924, se voulait d’abord poète (ce qu’il restera toute sa vie), admirant Mallarmé et Baudelaire, comme Magritte. Il publie quelques recueils, fait des films, des performances. Mais il reste mécontent, écrit-il dans sa célèbre invitation de 1964 : "Moi aussi, je me suis demandé si je ne pouvais pas vendre quelque chose et réussir dans la vie. Cela fait un moment que je ne suis bon à rien. Je suis âgé de quarante ans. L’idée d’enfin inventer quelque chose d’insincère me traversa l’esprit et je me mis aussitôt au travail."

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