Arts et Expos

Michel François «Sur-le-champ», Blac (beau local d'art contemporain), Théâtre Marni, 25 rue de Vergnies,1050 Bruxelles. Jusqu'au 26 juillet. Du mardi au samedi de 10 à 18h.

La Communauté Wallonie-Bruxelles vient de signer un contrat programme avec l'asbl Encore... Bruxelles qui ouvre au coeur de la ville un espace d'art contemporain, le Blac, capable pour la première fois de faire figure de véritable centre d'art destiné pleinement à la monstration de l'art actuel.

L'exposition de pré-ouverture - le bâtiment est à l'état brut - est consacrée à l'ensemble du travail de Michel François, sans doute l'artiste le plus médiatique et le plus reconnu actuellement, en valeur internationale, au niveau de la Communauté française. L'ouverture officielle du lieu devrait avoir lieu en novembre prochain, après rénovation, et par une exposition signée Daniel Buren. Ainsi sont situées d'emblée les prétentions internationales.

Très complète en ce qu'elle décline les principaux thèmes traités par l'artiste depuis qu'il travaille, l'exposition montre surtout comment s'articule une recherche en constante progression sur elle-même. D'une certaine manière, Michel François (1956, vit à Bruxelles) pratique l'art du recyclage en réinstallant, en modifiant, complétant, en transformant, des installations antérieures et en leur refusant donc un état statique et définitif. La forme évolutive d'une part du travail, ou la multiplication des approches, apportent de la complexité à ce qui paraît souvent d'une simplicité évidente.

Le concept général de l'oeuvre de Michel François, qui ne peut être considérée que comme un tout constitué de moments créatifs, est celui de la vie et du monde. Vaste direz-vous, mais tel qu'il est saisi par des bribes plaçant en avant des idées, celles-ci finissent par définir des visions précises: la précarité, la fragilité, l'équilibre, le danger, la communication ou son inverse, les gens et les sentiments, l'art et son sens, la continuité et la répétition, l'artisanal et la technologie, le rien et le tout.

Articulées comme les composantes d'une seule et ample installation, les oeuvres considérées individuellement n'en prennent que plus de force puisqu'elles participent à une dynamique générale et plurielle par laquelle elles gagnent elles-mêmes du sens. Qu'est-ce en soi qu'une poutre installée tel un plongeoir de bassin de natation? Rien, sauf quand elle est répétée quatre fois et ne donne accès qu'à un espace de béton. Il s'en suit une organisation plastique précise, donc un propos esthétique, et une mise à la question dans le rapport entretenu avec le lieu et les autres éléments. Chaque pièce se doit d'être considérée de la sorte, qu'il s'agisse des sacs d'eau avec la fontaine, de l'écran des jours montré à Venise en 1999, des jets de plâtre au mur cadrés par une surface lumineuse ou des photos remixées pour la Xe fois. L'art, ce sont des palpitations variables au gré de la vie.

© La Libre Belgique 2001