Arts et Expos

C’est un véritable bouleversement ; une révolution de nos institutions culturelles et scientifiques restées fédérales, que propose Philippe Mettens, patron de l’administration de la politique scientifique dans le contrat d’administration qu’il a déposé chez son ministre de tutelle, Paul Magnette. Le ministre pourrait le signer (ou l’amender ?) rapidement et une fois signé, ce contrat deviendra l’instruction générale pour l’ensemble du département (on fusionnera le spatial aussi), donc aussi pour tous les établissements scientifiques fédéraux (ESF).

Comme on le lira dans l’extrait ci-dessous, ce plan prévoit bien la fusion des ESF dans quatre "pôles", un dossier hautement controversé. Il y aurait un "pôle Art" qui regrouperait, sous un directeur unique, le musée des Beaux-Arts, le Cinquantenaire et l’Irpa (institut du patrimoine). On sait que Michel Draguet, actuel directeur du musée des Beaux-Arts et directeur ad interim du Cinquantenaire, brigue ce poste.

Le "pôle Espace" prévoit une fusion des trois institutions du plateau d’Uccle : IRM (météo), Observatoire royal et Institut d’aéronomie spatiale. Ici aussi, un nom est cité pour briguer le poste de DG du pôle : Ronald van der Linden, actuel directeur de l’Observatoire royal. Pour ces pôles Art et Espace, où quatre des six institutions actuelles sont dirigées par des intérimaires (Cinquantenaire, Irpa, IAS et IRM), il faudra passer par une démission préalable des deux directeurs en poste (Draguet et van der Linden) et un appel à candidatures nouveau pour la direction générale de ces pôles. Cela pourrait commencer relativement vite pour arriver à une fusion effective en 2014 et suivant un processus qui s’inspirera de la réforme Copernic.

La situation est un peu différente pour le "pôle Documentation" qui fusionnera les Archives générales du royaume et la Bibliothèque royale. Les deux directeurs actuels (Karel Velle et Patrick Lefèvre) resteraient en place jusqu’au terme de leur mandat (2017) et on ne nommerait un DG unique qu’ensuite. Enfin, le "pôle Nature", qui regroupera Tervuren et le museum des sciences naturelles, prévoit des synergies mais pas une direction unique pour des raisons géopolitiques (Tervuren est en Flandre).

Les fusions impliquent aussi une gestion commune du personnel et des échanges possibles des collections.

Philippe Mettens nous a précisé que ce contrat était "le fruit d’un long processus de discussions entre ESF" et qu’il prévoit des "mises en commun générales pour tous les ESF, d’autres, par pôles, d’autres entre pôles, afin d’obtenir des effets d’échelle et des économies par le décloisonnement. Un DG unique par pôle permettra à celui-ci d’avoir plus de hauteur de vue pour considérer l’ensemble". Philippe Mettens indique que son comité de direction (les directeurs des ESF) a "approuvé le principe de fusionner". Affirmation étonnante car on entend encore avec insistance que les oppositions restent vives à l’Irpa, l’IAS, l’IRM, voire les Archives. Il nuance : "Ce fut un processus itératif de discussions sans qu’il y ait eu vraiment un vote final et total. Il faut voir que certains dirigeants sont pris en tenaille entre leurs troupes et ce qu’il me dise en face-à-face. Des craintes se sont exprimées. Une fois le contrat signé, nous viendrons en expliquer le contenu précis et exact".

Notons que le Jardin botanique de Meise est concerné par le pôle Nature. En effet, les accords sur BHV prévoient de réaliser la régionalisation de Meise annoncée en 2001. Mais les collections d’avant 2001 restant nationales, elles seront gérées en concertation avec le futur pôle Nature.

Sollicité par nous, le cabinet de Paul Magnette réagit encore prudemment : "Nous avons reçu le projet de contrat d’administration le 9 mai (mercredi passé). Le document est donc en cours d’analyse. Celle-ci doit être minutieuse car c’est toute la structure du SPP Politique scientifique qui est redessinée. Le ministre souscrit pleinement aux objectifs généraux du contrat (plus de synergies, décloisonnement, effets d’échelle ) mais doit encore analyser les moyens qui sont proposés pour y parvenir. Le ministre se réjouit de la dynamique nouvelle que ce contrat pourra insuffler à toutes les entités qui composent le SPP Politique scientifique".