Arts et Expos

BRUXELLES

Le Théâtre du Vaudeville revitalisé via les sous-sols

D'ici un an et demi, les fameuses galeries royales Saint-Hubert de Bruxelles disposeront d'un lieu attractif de plus: le théâtre du Vaudeville. Vide depuis deux ans, suite au départ de Daniel Scahaise et de son théâtre en Liberté, il deviendra un lieu à vocation multiple. Salle de théâtre et de spectacle bien sûr. Mais aussi espace pouvant accueillir divers événements. C'est également dans ce théâtre qu'aboutira le parcours découverte à aménager dans les sous-sols de la galerie de la Reine. Instrument de promotion touristique subsidié par la Commission communautaire française (Cocof), il s'agit d'un parcours spectacle qui fait l'inventaire de ce qui est à voir à Bruxelles, donne un aperçu sur le patrimoine de la ville, de ses espaces verts...

Mais tout cela ne se fera pas sans une profonde restauration du théâtre et de ses abords. Jeudi, sur proposition du secrétaire d'Etat Willem Draps (PRL), le gouvernement bruxellois a donc autorisé l'exécution de travaux importants. Après de longs débats, il a finalement été décidé de maintenir et de restaurer les différents styles présents sur le site. Classée en 1996, l'actuelle salle à l'italienne (350 sièges amovibles) constitue un témoignage représentatif de l'architecture de théâtre de la seconde moitié du XIXe siècle, avec ses balcons, ses colonnes en fonte sur deux niveaux terminées par des chapiteaux ioniques, sa grande toile marouflée au plafond. Et pourtant cet espace conserve en même temps le souvenir de l'ancien marché aux fleurs, sur la structure duquel la salle a été greffée en 1850. Quant aux entrées et foyer, ils sont d'une autre époque puisque Gaston Ide, architecte de l'ancien Cameo, les a réaménagés en 1926. À noter qu'on rénovera aussi huit appartements et trois espaces commerciaux.

Encore imprécis, le montant des travaux pourrait se situer entre 80 et 100 millions. La subvention régionale serait alors de 40pc.

Propriétaire des lieux, la Société des Galeries royales Saint-Hubert est le maître d'oeuvre. Selon son président Alexandre Grosjean, des discussions sont actuellement en cours pour assurer une gestion du théâtre en partenariat avec le privé, tout en précisant que la Société des Galeries restera propriétaire du lieu et aura le dernier mot en terme de programmation. Concernant le parcours découverte, un partenariat est également prévu entre l'asbl du même nom et un gestionnaire. En septembre, les premiers travaux commenceront.(St.M.)

EN FORME

L'intronisation musicale de la présidence belge de l'Union européenne. La Belgique met les petits plats dans les grands pour célébrer sa prise de fonction à la tête de l'Union européenne. Le 9 juillet, la Grand-Place de Bruxelles sera squattée par un grand spectacle festif, Chapeau Europa, sous la houlette d'un homme d'expérience, Franco Dragone. Parmi les artistes annoncés se trouvent Jean-Baptiste Toots Thielemans, Bruxellois de New York, le chanteur Jean-Louis Daulne auquel on doit un nouveau disque, et le groupe de rap Starflam, les Liégeois en vogue. Et, grande première sous nos cieux grondants d'orages linguistiques: les trois communautés -française, flamande et germanophone- se sont liguées, avec la Région bruxelloise, pour assurer la réussite de la fête. A côté de L'union fait la force, il faudra aussi dire L'Europe fait l'union de la Belgique.

La musique électronique. Avec le Sonar, Barcelone est à nouveau la capitale mondiale de la techno pour un week-end. A côté de vedettes comme Sonic Youth, le vétéran Terry Riley ou Aphex Twin, le festival fourmille de remixeurs de tout poil, pour faire vibrer la ville d'échos et de réverbérations électroniques. Une semaine plus tard, c'est à Liège que ça se passe: le samedi 23 juin, entre 50000 et 100000 jeunes sont attendus au pied du Perron pour la première City Parade belge, qui se veut un équivalent de la Love Parade berlinoise ou de la Techno Parade parisienne. On verra alors si l'expression convenue de Cité ardente est méritée ou non.

EN PANNE

La Biennale de Venise. Evénement particulièrement prisé, à l'instar de la Documenta de Cassel, par les amateurs d'art d'aujourd'hui, la Biennale de Venise est loin de recueillir les suffrages enthousiastes cette année. Beaucoup lui reprochent l'accumulation des oeuvres sans ligne directrice, et sans que l'émotion soit suscitée. Les artistes se retrouvent-ils à nouveau dans le clan des incompris ou une certaine attitude par rapport à l'expression artistique a-t-elle atteint un point de non retour?

© La Libre Belgique 2001