Arts et Expos

Comme la plupart de ses confrères, le Museum Leuven, entre ses grandes expositions médiatiques, réserve temporairement ses espaces à des artistes contemporains moins connus, mais pas nécessairement moins intéressants. Trois expos solos indépendantes et sans rapport sont disposées en divers lieux de l’institution qui porte ainsi une attention bien venue sur la création actuelle en Flandre, en Belgique et à l’étranger.

L’Anglais David Shrigley (1968), en dessins principalement, scrute du côté de la condition humaine à travers des comportements puisés dans le tout-venant du quotidien général. Une manière pour lui de pratiquer, en une esthétique apparentée à la B.D. et au graffiti, un constat critique et peu avenant de la société. En ses sculptures, il dissèque plutôt l’humain et son corps, voire l’animal, en isolant et agrandissant certaines composantes physiques ou des accessoires vestimentaires. L’importance du détail ! Le plus intéressant dans le travail de Koenraad Tinel (Gand, 1934) est cette série de 200 dessins en noir et blanc dans lesquels il décrit une période qui l’a visiblement marqué et dont il eut à souffrir. Il pointe du bout du pinceau les années 1946 à 1952 au cours desquelles il décrit l’influence prépondérante de l’Eglise en Flandre sur ce qu’il nomme "les ruines d’une époque".

Pendant sa jeunesse, il a de toute évidence ressenti cette domination comme une oppression, qu’il s’agisse de l’ambiance dans la sphère familiale, des collèges, de l’éducation, des mouvements de jeunesse Un témoignage personnel auquel se joignent quelques sculptures traitant en accents sombres du corps humain - que l’on retrouve aussi en photo - nu, masculin, debout dans une boîte. Etat transitoire ?

Enfin, et il ne faut surtout pas les manquer, au 4e étage, trois salles sont réservées à des séries de photos récentes de Katrien Vermeire (1979), une excellente artiste qui a capté de nuit, aux Etats-Unis, le vol et, donc, le mouvement des lucioles qui brillent dans la nuit comme des étoiles filantes. Leur nombre impressionnant crée un ballet lumineux, abstrait et féerique, qui enchante la nature. Chez elle, l’humain - qui pourrait constituer un lien entre les trois artistes - est présent à travers des portraits de jeunes dont les attitudes, les regards, les poses dénotent d’un certain malaise. Quant à ses photos de la mer, elles traduisent les variations de visibilité et de couleurs d’un même paysage marin : la nature est un caméléon. David Shrigley, Koenraad Tinel, Katrien Vermeire.

Museum Leuven, Vanderkelenstraat, 28, 3000 Leuven. Jusqu’au 20 février. Du mardi au dimanche de 11h à 18h. Infos sur http://www.mleuven.be