Arts et Expos

Pierre Bergé est décédé à l'âge de 86 ans ce vendredi.

C’est en 2016 dans le Divan, l’émission télévisée de Marc-Olivier Fogiel, que le mécène des arts et des lettres a raconté cette anecdote. A un professeur de lettres classiques qui le conjurait de ne pas abandonner le lycée à La Rochelle, le jeune Pierre Bergé répondit : «Je ne veux pas passer le bac, je veux aller à Paris, je veux être journaliste.» L’homme a eu pour première et constante passion la presse, avec laquelle il n’a jamais cessé de frayer. Le nombre de titres et de médias qu’il a accompagnés, financièrement et éditorialement, est important.  Libération, à une moindre échelle, en a fait partie.

"La Patrie mondiale" tentative universaliste

Sa première aventure, menée dans l’après-guerre alors qu’il n’a pas encore 20 ans, tourne court : au côté de l’Américain Garry Davis, «citoyen du monde» ayant choisi de devenir apatride, activiste libertaire et objecteur de conscience, il dirige la revue la Patrie mondiale, mais n’en publie que deux numéros. Cette étape imprégnée de pacifisme et d’universalisme est l’occasion pour Pierre Bergé de croiser du beau monde : Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Breton, entre autres. Depuis toujours, la presse a le formidable pouvoir de vous placer au centre des jeux, politiques, artistiques et intellectuels. Il semble – sans nier la sincérité de ses engagements – que le gamin de Charente-Maritime l’aie très vite compris. «Avec Pierre, il y a toujours eu le sujet d’être devant sur la photo, surtout depuis qu’il a été derrière sur celle avec Saint Laurent, raille un proche. Je crois qu’il a toujours voulu être au centre de ce qui se passe et vibrer. Il voulait compter.»

"Globe" porte-voix de la gauche caviar