Arts et Expos

«Hommages/Outrages. Picasso», MAMAC, parc de la Boverie, Liège. Jusqu'au 25 février. Du ma au sa de 13 à 18h. Di de 11 à 16h30. Fermé lu. Edition spéciale de Flux News.

Dans la langue populaire, qualifier une oeuvre picturale de «Picasso» n'est pas précisément un hommage! Mais qu'en est-il chez les artistes contemporains, s'est demandé Lino Polegato, l'animateur de Flux News, en la circonstance commissaire d'exposition.

Une bonne vingtaine d'artistes dont quelques pointures internationales ont répondu à la question. Aucun n'a véritablement osé l'outrage. Picasso est et reste l'une des figures quasi mythiques de la peinture du XXe siècle, même si comme l'écrit Michael Baldwin de Art & Language, «il a dit beaucoup de conneries». A côté des notes rapides des Mel Ramsden, Mike Kelley et Luciano Fabro, dans le catalogue de la récente exposition liégeoise, et hors celle ambiguë de Laurence Weiner: «Aussi longtemps que ça dure», la plupart des participants citent l'oeuvre de l'artiste espagnol jusque dans la copie «fidèle» d'après reproduction, due à Eva Lipartiti. Aussi dans le pastiche photographique des plus réussis de Emilio Lopez Menchero, voire dans la reprise par Chéri Samba, en une peinture, elle originale, d'une photo célèbre de Picasso.

DE BIAIS

On le constate, tous les chemins détournés pour ne pas se colleter directement à l'oeuvre sont bons à prendre. Belles manières de biaiser encore, que celle de Filip Francis en son exercice habituel de dessiner sans regarder, ou celle de Koen Theys photographiant des faux tableaux du maître, voire celle de Xavier Wei, fermant les yeux des personnages empruntés.

Tout cela signifie surtout que l'oeuvre de Picasso reste puissante et que l'affronter comme l'ont fait Jean-Pierre Ransonnet et le jeune David Pirotte, auteur d'une oeuvre héritière du côté démiurge de Picasso, n'est pas sans audace.

Dans cet ensemble hétérogène qui soulève la question de la copie et de l'original, on pointera particulièrement encore le triptyque de Daniel Fourneau et cet «Arlequin», un peu trop fade mais signé et qu'aucun expert n'ose reconnaître de la patte de Picasso. Où est le vrai et le faux?

© La Libre Belgique 2001