Arts et Expos

L'art du XXe siècle en Wallonie vient de perdre l'un de ses pionniers en matière d'art pictural. On apprenait mardi le décès de l'artiste peintre Georges Collignon.

Né en 1923 à Liège, il avait épousé la fille de son prestigieux professeur à l'Académie des Beaux-Arts de Liège, A. Mambourg, dont il avait su tirer les enseignements dans l'art du dessin.

C'est à Paris, où il s'installa pendant près de vingt ans entre 1951 et 1969, que son langage pictural sera bouleversé par sa rencontre avec l'oeuvre d'artistes novateurs comme Klee, Léger ou encore Magnelli. Ainsi, après des débuts figuratifs, Georges Collignon s'oriente rapidement vers un art plus expérimental et s'inscrit nettement dans ce qu'on peut nommer l'avant-garde belge. Pionnier dans le domaine de l'abstraction, il fera partie de tous les cercles d'artistes qui pousseront la recherche en matière de peinture et obtiendra de nombreuses distinctions comme le Prix Jeune Peinture belge en 1950.

Après avoir appartenu au groupe international Cobra, qui fleurit entre 1948 et 1951 réunissant notamment Bury, Appel, Alechinsky, il sera l'un des fondateurs, avec Picon, Delahaut et Plomteux, du groupe Art Abstrait mis sur pied en 1952.

Bien que précurseur en matière d'abstraction, il s'en détachera pourtant dès 1967, revenant définitivement à une peinture influencée par ses nouvelles découvertes mais qui ne tombera jamais plus dans la non-figuration totale.

Peintre extrêmement productif, il participa à un grand nombre d'expositions internationales et laisse derrière lui un oeuvre impressionnant dispersé entre Bruxelles, Ostende, Paris et Sao Paulo. Les compositions éclatées mais à la structure précise de ce chantre de la couleur luxuriante sont un hymne à la sensualité du corps féminin qu'il aimait tant, comme il se plaisait à le dire.

© La Libre Belgique 2002