Arts et Expos

L’architecte Jean Nouvel a réussi un magnifique musée, comme une médina contemporaine, Venise au milieu des sables. Ce musée « universel » est inauguré ce mercredi et présente 600 oeuvres de toutes les époques, toutes les civilisations. Il se veut un message d’ouverture par la culture.

Dès que l’idée du musée fut lancée, Abou Dabi a commencé à acheter des oeuvres sur le marché. Il en possède aujourd’hui 620 dans sa collection, acquises souvent avec les conseils du Louvre. On y trouve par exemple, à côté de pièces d’art arabe, un beau Jordaens (« Le bon samaritain »), un portrait du Fayoun, un Sphinge grec, aussi bien qu’une Vierge à l’enfant de Giovanni Bellini, une tête de bronze de l’ancien royaume du Bénin, un beau Gauguin (« Les enfants luttant »), un célèbre Magritte (« La lectrice soumise ») comme un Mondrian qui est le premier tableau acheté par l’Emirat, en 2009, pour 21millions d’euros lors de la vente de la collection Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé. A l’entrée, une série de 9 tableaux de Cy Twombly. Et en fin de parcours, une grande tour de Tatline lumineuse d’Ai Weiwei.

Un Léonard de Vinci

Une collection qui dès le départ visait large, dépassait largement l’art arabe ou musulman, brassait toutes les époques, tous les styles, toutes les religions.

L’exposition permanente compte 300 oeuvres choisies parmi les collections du nouveau musée et 300 oeuvres prêtées par le Louvre et ses 13 musées partenaires en France pour cette opération Abou Dabi (Orsay, Versailles, Guimet, quai Branly, etc.).

Le parcours, dans un chemin un peu labyrinthique, suit douze étapes chronologiques et thématiques. La scénographie est très aérée, la lumière calculée et les salles ont un côté palais. On débute par « Les premiers villages » avec d’emblée deux chefs d’oeuvre : une grande statuette de Bactriane et un splendide personnage à deux têtes venu de Jordanie. On découvre ensuite, les « Premiers grands pouvoirs » (Egypte, Sumer, etc;), les « Civilisations et empires » où sont côte à côte, la culture Nok du Nigéria, celle du Fayoun en Egypte et la civilisation grecque.

Dans toutes ces salles, on retrouve des chefs d’œuvre du Louvre, prêtés chaque fois pour un an, comme « La belle Ferronnière » de Léonard de Vinci, « La femme au miroir » du Titien, la « Gare saint Lazare » de Monet, un « Autoportrait » de Van Gogh venu d’Orsay, des Rodin, un grand Giacometti. Tout cela mêlé à des têtes de Bouddha, des riches astrolabes, une estampe d’Utamaro, une statue du Gandhara.

Un dialogue de haut niveau.