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La jeune femme qui servit de modèle à Gustave Courbet pour peindre "L'Origine du monde" s'appelait Constance Quéniaux, révèle Claude Schopp dans un livre à paraître début octobre.

Spécialiste de l'oeuvre d'Alexandre Dumas père et fils, lauréat du Goncourt de la biographie en 2017, c'est en étudiant la correspondance entre Dumas fils et George Sand que Claude Schopp a résolu un mystère vieux de 152 ans.

Le livre intitulé "L'Origine du monde, vie du modèle" doit paraître le 4 octobre chez Phébus.

Parmi la volumineuse correspondance entre Dumas fils et George Sand, Claude Schopp relève une lettre de juin 1871. Dumas fils critique vertement Courbet auquel il ne pardonne pas de s'être rangé du côté de la Commune.

Il rappelle dans sa lettre que le peintre avait notamment peint "l'intérieur" de Constance Quéniaux, une danseuse de l'Opéra de Paris et maîtresse du commanditaire du fameux tableau, le diplomate turco-égyptien Khalil-Bey, figure flamboyante du Tout-Paris des années 1860.

Le tableau, qui fut dans les années 1950 la propriété du psychanalyste Jacques Lacan et est exposé à Orsay depuis 1995, fut exécuté par Courbet à la demande de Khalil-Bey au cours de l'été 1866.

"Ce témoignage d'époque découvert par Claude me fait dire que nous avons la certitude à 99% que le modèle de Courbet était bien Constance Quéniaux", soutient Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France (BnF).

Si plusieurs noms ont déjà circulé quant à l'identité du modèle aucun n'a fait l'unanimité.

Parmi les autres éléments qui font pencher la balance du côté de Constance Quéniaux, le livre relate la découverte après la mort de Constance, en 1908, d'un tableau de Courbet offert à la jeune femme par le peintre lui-même ou par son amant.

Ce tableau représente un bouquet de fleurs avec, en son centre, une plante grasse qui tend vers le spectateur une profonde corolle rouge, épanouie et ouverte comme "L'Origine du monde".