Arts et Expos

L’événement de la rentrée en art à Bruxelles est l’expo de la grande artiste anglaise Tracey Emin chez Hufkens. Rencontre.


C’est l’événement de la rentrée artistique à Bruxelles. La première exposition en Belgique de l’artiste anglaise Tracey Emin. Et cela se passe en galerie, dans les deux espaces de Xavier Hufkens, avec 90 oeuvres superbes d’émotions : surtout des peintures et des dessins, mais aussi des néons, des sculptures (dont une énorme figure émergente en bronze) et une vidéo avec le Requiem de Fauré.

Nous l’avons rencontrée quelques jours avant l’ouverture de l’exposition, le 8 septembre.

C’est peu dire qu’elle se réjouit de venir à Bruxelles. Elle en fait même une prise de position très politique: «Il était important pour moi de venir ici, dans la capitale de l’Europe. Je vais en profiter pour acheter massivement des drapeaux et autocollants de l’Europe que je placerai partout autour de mon atelier car le Brexit est une absurdité, un scandale, une folie, et tout le monde artistique anglais pense comme moi. »

Tracey Emin garde une réputation sulfureuse due à ses débuts fracassants. Née à Londres en 1963, mais élevée à Margate. Un père, Envar Emin, chypriote turc dont elle découvrira plus tard qu’il menait une double vie familiale avec deux foyers. Violée à 13 ans, deux avortements. Mais aussi une formation artistique au Maidstone college of Art et au Royal College of Art de Londres.

Toute cette jeunesse faite de malheurs, d’excès et de joies fait la trame de ses premières oeuvres. Rarement, une artiste a, à ce point, mêlé sa vie et son oeuvre dans un travail autobiographique et intime sans concession. Sur son adolescence qui fut une dérive où domine la sexualité crue mais aussi les désirs universels.