Rencontres et affinités

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

On pourrait dire que rien ne réunit ces plasticiens, ils ne constituent pas un groupe ou un mouvement, les styles diffèrent, aucune thématique ne les rassemble et pourtant une certaine cohérence se manifeste dans l’exposition. Vidéo, installation, peinture, dessin, impression, sculpture, objets, tout est de la partie et les passages d’un ensemble à un autre se réalisent sans heurt malgré les nettes différences. C’est là que se situe la clé de l’harmonie collective. Les œuvres ne sont certes pas silencieuses, mais elles sont conçues et agissent dans une forme de réserve, de retenue et d’intimité qui permet la rencontre, la concomitance et parfois même le dialogue.

Et le titre, Clinamen, énigmatique au quidam, emprunté à Lucrèce interprétant la physique d’Epicure, trouve sa résonance puisqu’il s’agit d’évoquer une occurrence, une rencontre et une diversité. On ne recherchera pas plus loin les affinités entre les démarches même si elles existent au niveau d’un art qui irait à contre courant des tendances les plus spectaculaires, démonstratrices et violemment visuelles du moment. On serait plutôt dans la densité du tenu. En dire le plus possible avec le moins de moyens et d’interventions.

Ils sont treize, et fait rare, tous belges. Ils sont Wallons, Bruxellois et Flamands en une belle unité, dans un centre culturel flamand.

On peut évidemment tenter des rapprochements. Dans le domaine chromatique on associerait Marianne Berenhout et Luc Coeckelberghs. Cependant tout les différencie si bien qu’il faut se méfier de ces apparentes évidences. Chacun est dans son univers, un peu clos, un peu fermé sur lui-même. Pour y entrer, il faut établir le contact et s’investir, trouver l’élément sensible et visuel qui sera le Sésame personnel. Car c’est dans ce registre que les œuvres agissent qu’il s’agisse de la géométrie spatiale des petits dessins à l’encre de Lore Vanelslande ou des notes crayonnées plus convulsives de Ante Timmermans, voire des peintures qu’il définit comme une sorte de "philosophie de la nature" de Dominique Rapez.

C’est par le champ de la perception que l’on appréciera les dessins aux mille nuances et à la structure mouvante d’André Lambotte, mais également les diptyques et le polyptique de Luc Piron qui confronte, en des effets optiques, peinture extrêmement nuancée et print, ou encore les tracés linéaires de Luc Coeckelberghs et les peintures de Brigitte Closset qui exigent concentration, voire les œuvres à la fois denses et éclatées d’Eric De Smet. Par le biais d’une narration, on entrera sans doute plus facilement dans les œuvres de Joël Audebert et de Marianne Berenhaut qui dépose une 'Série noire’dans son intervention, alors que Leen Lybeer établirait de manière minimale un rapport à l’architecture et que Baudouin Oosterlynck, en enfermant ses sculptures auditives, les rend silencieuses. Quant à Francis Schmetz, il s’offre toutes les libertés en ne cachant pas ses maîtres.

Claude Lorent

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