Arts et Expos

Le musée Rodin analyse la fascination qu’avait le sculpteur pour la liberté de la danse moderne et l’architecture des corps.

A la fin de sa vie, et déjà dès 1890, Rodin (1840-1917), fut passionné par la danse. Il voyait dans le corps en mouvement des danseuses, dans leurs recherches d’équilibres nouveaux, de grâce, d’apesanteur, un lien avec ses propres dessins et sculptures.

L’exposition qui vient de s’ouvrir au musée Rodin à Paris, est consacré à ce rapport si profond. On y voit surtout, à côté de nombreux dessins, une série célèbre, jamais montrée de son vivant, des « Mouvements de danse ». Une suite de petites figures en terre cuite ou en plâtre, de variations qu’il faut admirer comme un film décomposé en une série de moments arrêtés: une danseuse jette sa jambe an arrière, une autre est saisie en plein envol, une autre a son corps totalement replié ou semble prise dans un exercice d’étirement.

On voit aussi comment le sculpteur fut ébloui par la découverte des danseuses venues du Cambodge pour l’exposition universelle de Paris en 1906, Rodin a alors 66 ans. La souplesse extraordinaire de leurs bras et de leurs poignets l’impressionne. Il réalise sur le vif des dizaines de dessins de ces danseuses dont il dira à leur départ: « elles emportèrent la beauté du monde avec elles. »

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