Arts et Expos

Ce samedi 14 mai, ce sera la réouverture du musée d’art moderne de San Francisco ou plutôt son ouverture tant il change de manière extraordinaire, faisant de ce SFMOMA (San Francisco Museum of Modern Art) un des plus beaux et riches musées du monde.

Le musée date de 1935 et l’ancien bâtiment dû à l’architecte suisse Mario Botta dans un style postmoderne passé de mode, date de 1995. Mais tout cela c’est du passé.

Pour comprendre la naissance de ce nouveau joyau de l’art contemporain, il faut se plonger dans une de ces success story dont les Américains raffolent.

Le couple Donald et Doris Fisher créaient en 1969 les magasins Gap. Le succès fut rapide et planétaire et le duo investit massivement dans l’art qu’il montrait dans ses bureaux. En tout, choisie avec un goût très sûr, leur collection compte 1100 œuvres souvent majeures : 21 Warhol, 23 Gerhard Richter, 45 mobiles de Calder, 16 Anselm Kiefer, 41 Ellsworth Kelly, 30 Sol LeWitt, 14 Richard Serra dont deux énormes « spirales » qui ouvrent aujourd’hui le musée, etc.

Le couple cherchait un lieu où exposer de manière pérenne de tels trésors qui n’ont rien à envier au MoMA de New York.

L’iceberg de Snohetta

C’est alors qu’entre en lice Charles Schwab, le président du conseil d’administration du SFMOMA qui signe en 2009 avec Donald Fisher (deux jours avant la mort de ce dernier !), le prêt de la collection au musée pour cent ans mais en échange, le musée devra s’agrandir (un agrandissement payé en partie par les Fisher).

Un concours d’architecture où 85 bureaux se présentèrent, désigna les Norvégiens de Snohetta qui ont déjà à leur palmarès la nouvelle bibliothèque d’Alexandrie et l’Opéra d’Oslo. Leur projet à San Francisco est spectaculaire et vient se « coller » au bâtiment de Botta, comme une montagne blanche, un iceberg géant de sept étages.

Vu de la ville, on voit une surface plissée comme les vagues de la mer proche. Si certains évoquent une « grosse meringue », le jugement général est très favorable et la circulation intérieure à travers le vieux et le nouveau bâtiment est parfaite avec une lumière idéale.

Grâce à cette extension, le musée triple sa surface d’exposition qui passe à 15000 m2.

Il n’y a pas que la collection Fisher qui soit exposée. Le musée avait déjà ses Magritte, Dali, Rothko, etc. et il vient d’obtenir maintenant en plus de la collection Gap, de nombreux dons de collectionneurs richissimes qui lui ont offert des Rauschenberg, Philip Guston, Lee Krasner, Pollock, Cy Twombly, Brice Marden. Le mécénat aux Etats-Unis est une vraie réalité.

L’opération agrandissement du musée a coûté au total 535 millions d’euros, chiffre colossal mais la Côte Ouest a dorénavant son joyau, digne des nouveaux milliardaires de la nouvelle économie. D’ailleurs, on dit que Mark Zuckerberg est devenu un habitué du SFMOMA.