Toutes les techniques mixtes du collage

Claude Lorent Publié le - Mis à jour le

Arts et Expos

Parmi les trop rares expositions d'été à Bruxelles, est à retenir un ensemble prestigieux par les noms rassemblés, un peu plus modeste par la dimension des oeuvres, mais d'une qualité étonnante. Sur le thème des collages, dans un espace dont l'agencement est mi-maison, mi-galerie, et donc convivial, les rencontres fort nombreuses et variées offrent des incursions dans les dédales de l'art contemporain.

Si l'exposition va un peu tous azimuts c'est que le collage a, depuis le début du XXe siècle, été pratiqué par de nombreux artistes dont quelques-uns seulement en ont fait leur moyen d'expression principal. On pense par exemple à Jiri Kolar, présent avec plusieurs pièces, objets ou reliefs du meilleur cru, appartenant aux «chiasmages», voire à Mesens dont les trois oeuvres du début des années soixante sont presque des particularités dans l'ensemble de son travail.

Pour beaucoup d'autres, ce sont en quelque sorte des essais, des réalisations qui participent du champ d'expérimentation qu'exploite tout artiste, à ceci près que la grande majorité des oeuvres proposées sont parfaitement accomplies et méritent largement les cimaises. Même il en est plus d'une totalement surprenante! Ainsi par exemple d'un grand Allington ou des petits Cornell dont on s'attendrait à voir des boîtes.

A ce titre, on remarquera que le collage est ici à considérer dans le sens le plus large possible puisque l'on passe des papiers précieusement découpés et méticuleusement agencés afin de créer de nouvelles images, aux structures imposantes, entre autres en trois dimensions, de bois, de fer et autres matériaux agencés, une pratique particulièrement bien représentée par les boîtes d'Edith Devries. Ainsi, on passe d'une Russian Robe assez somptueuse de Schapiro à un petit mais magnifique Rotella de 1957, c'est-à-dire des débuts, d'un Blake représentatif des années nonante, avec Marilyn pour sujet, à un très inhabituel mais superbe Stella des années septante. Une oeuvre pareille, pour l'époque, est prémonitoire de la suite de son travail et en montre aussi les sources.

Plus de cinquante oeuvres appartenant très strictement à la thématique constituent l'essentiel de cette exposition où la peinture est aussi collage sous les doigts d'or de Patricia Kinard, où les Poiriers proposent une pièce rare: un journal avec textes et illustrations, où un grand Arp très sobre en noir et blanc rivalise avec un petit Larry Rivers dans un contraste d'expression.L'une des oeuvres les plus importantes et inattendues est un grand Canneel, une pièce très pop d'une artiste belge, une sculpture lumineuse encadrée de voitures miniatures collées et intitulée «Demain sera meilleur» : les années soixante probablement!Le tout léger Weselmann de... 1998 est poétique et fidélité à un langage, alors que l'on s'amusera de la brosse de Adamus: Poils en poésie.

Hors thématique, une bonne vingtaine de pièces attendent encore le visiteur, des Plessi, une imposante sérigraphie de Dorazio le chantre de la couleur, un Paladino, un Boero, un Deleu, un Leisgen... Un choix des plus éclectiques.

© La Libre Belgique 2003

Claude Lorent

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