Arts et Expos

Dernière ligne droite pour le chantier de l'Atomium. Le célèbre monument, qui scintille sous le soleil dans sa nouvelle peau en inox, rouvrira ses portes le 18 février1. Dans la sphère réservée aux expositions temporaires, les oeuvres de l'artiste bruxellois Jean-Luc Moerman - à qui l'Atomium rappelle les univers de «Star Trek» et «Star Wars» - coloreront cette réouverture. Les photographies de Marie-Françoise Plissart seront également exposées, après la sortie du livre «Chronique de la rénovation de l'Atomium» prévue fin janvier. Et une grande fête populaire agrémentée d'un spectacle pyrotechnique aura lieu durant le week-end de Pâques.

En attendant, les ouvriers voltigeurs s'activent toujours sur les boules. Soit dit en passant, 88 de ces alpinistes étaient simultanément à l'oeuvre sur le site - pour appliquer les joints de silicone - le 25 novembre, ce qui en faisait le plus grand chantier de rappel industriel au monde, selon la société Capaxis spécialisée dans ce domaine.

La restauration intérieure de l'Atomium est presque terminée. Il reste à construire le pavillon d'accueil, conçu par l'architecte anversoise Christine Conix. Ce chantier a été inauguré jeudi par des représentants des pouvoirs qui ont financé la rénovation: État fédéral (17,5 millions d'euros), Ville de Bruxelles (2,5 millions), Loterie nationale (1 million), outre l'ASBL Atomium (6,5 millions) - et des partenaires privés.

Contemporain mais discret

Ce nouveau bâtiment abritera la billetterie, la boutique, les vestiaires et les sanitaires; des fonctions jadis concentrées dans la «galette» (le pavillon encerclant la boule centrale inférieure), dont le toit sera opportunément percé d'ouvertures qui offriront un contact visuel avec les boules. Dessinant au sol une sorte de boomerang, le bâtiment dessiné par Christine Conix épouse le contour de la «galette» dont il reste indépendant.

«D'une architecture résolument contemporaine, il rappelle toutefois l'Atomium, au niveau des matériaux notamment, commente l'architecte. Nous avons ainsi opté pour l'inox, mais dans un traitement mat afin de rester discret: ce sont avant tout les neuf boules que l'on doit voir.» Le pavillon - aussi un petit clin d'oeil au design des années 50 - se prolonge par un grand auvent, sur une esplanade qui sera désormais piétonne - fini le rond-point, le «tout à la voiture».

Christine Conix réalise également la rénovation intérieure de l'Atomium, où «l'intervention est minimale, l'idée étant de rendre la qualité première: des espaces sphériques en acier suspendus dans les airs». Elle collabore avec le designer Ingo Maurer, en charge de l'éclairage, et l'artiste Alicia Framis, qui a imaginé la boule réservée aux enfants. Bâtiment fou et génial, «l'Atomium ne laisse personne indifférent, il interpelle, suscite des émotions fortes: ce sont elles qui nous ont guidés dans notre projet», résume l'architecte.

L'Atomium sera ouvert tous les jours de 10 à 18h à partir du 18 février 2006. Tarifs réduits jusqu'au 1er mai 2006.

© La Libre Belgique 2005