Arts et Expos

Bernardi Roig. The Light-Exercises Series. PMMK, Musée d'art moderne, Romestraat 11 à Ostende. Jusqu'au 3 juin, de 10 à 18 h. Ferme le lundi. Cat., 311 pp. ang. et esp. avec sup. en nl.

On soulignera d'emblée les changements intervenus au musée. L'entrée a été dégagée et l'accrochage est particulièrement aéré, favorisant une visite agréable et une découverte adéquate de l'exposition. Voilà qui modifie les habitudes.

L'artiste, Espagnol, Bernardi Roig (Palma de Mallorca, 1965) a participé à plusieurs expositions en Belgique et s'est montré en solo en 2005 chez Artiscope à Bruxelles. On sait donc que les deux axes de son travail sont d'une part la lumière, de l'autre l'homme universel présent dans les sculptures, les dessins et les vidéos.

L'oeuvre est éprouvante car cet homme, entièrement blanc, neutre donc, innocent, toujours un peu vidé de lui-même, sans personnalité particulière, comme perdu, se cogne constamment à un mur qui est pour lui celui de l'incompréhension. La lumière qui logiquement rend visible éclaire pour révéler les réalités, devient un fardeau porté sur le dos et donc accompagnant l'être humain non pas comme une énergie mais au contraire comme un poids. Et s'il se repose, cet homme errant, c'est pour s'appuyer sur une rampe lumineuse aveuglante qui l'empêche de voir la réalité.

Les grands dessins de corps meurtris, mutilés, ne sont pas moins inquiétants que les sculptures; quant aux deux vidéos, elles baignent dans une ambiance de suspens et de tension quelque peu énigmatique. L'oeuvre de Bernardi Roig place l'être humain dans une situation dont il ne peut se sortir, totalement prisonnier d'un environnement qui lui est complètement étranger comme s'il ne reconnaissait plus le monde qui l'entoure, comme s'il ne le comprenait plus, comme s'il n'avait d'autre solution que de le subir.

Un destin absurde en quelque sorte dont il est incapable de se dépêtrer; une blancheur qui n'est pas immaculée mais qui est la négation de tout, l'inexistence d'une certaine manière; le tragique en son expression intérieure, la plus terrible, celle dont on ne se relève pas.