Arts et Expos

Une magistrale exposition au Louvre montre tout le miracle qu’est la peinture de Vermeer. Douze tableaux qui brillent au milieu des maîtres de la peinture de genre de son siècle. A ne pas manquer.

Le pari était audacieux : réinterpréter Vermeer (1632-1675) ! Peu de peintres sont aussi connus et unanimement loués. On peut se rendre à Amsterdam et La Haye dans le seul but d’y voir les Vermeer.

Certes, à Paris, au Louvre, dans la magistrale exposition qui s’ouvre, il n’y en a que 12, mais c’est un tiers de toute la production du maître et c’est un exploit en soi (liste ci-contre). S’il n’y avait la foule, on pourrait rester des heures devant chacun d’entre eux, frappé par le silence qui s’en dégage, la lumière qui les baigne, l’harmonie et la poésie, le temps suspendu, le dépouillement si moderne.

On est subjugué par ses détails intimes et narratifs (les femmes à la fenêtre, une lettre d’amour tandis que la servante surveille, les airs si mélancoliques), le mélange de mystère et de familiarité.

Le défi du Louvre était de restituer Vermeer dans son époque. Depuis sa redécouverte en 1866 (il avait été oublié), par Théophile Thoré-Burger, on le surnomme « le Sphinx de Delft », comme s’il avait été un ovni de l’histoire de l’art surgi de rien et apparu dans sa ville de Delft.

L’exposition démontre à quel point c’est faux. Vermeer était un homme de son temps, qui s’inspirait de ce que faisaient d’autres peintres. C’était le « Siècle d’Or » Hollandais. Les meilleurs peintres travaillaient pour cette haute bourgeoisie hollandaise, la plus riche du monde, qui faisait fortune à la bourse d’Amsterdam ou dans la Compagnie des Indes. Pour ce marché de niches, de grand luxe, ils produisaient des petits tableaux rares, précieux comme des miniatures, des scènes de genre où l’on ne voyait plus les bars et paysans, mais la vie de ces grands bourgeois, chez eux.

Le Siècle d’or hollandais

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