Arts et Expos

La Tate Modern montre tout le talent créateur du photographe allemand. Il ne cesse d’innover et d’étendre le champ de son art. A la Tate aussi, un autre grand artiste du XXe siècle : Robert Rauschenberg qui, comme Tillmans, n’a cessé de dynamiter les conventions.


Le Belge Chris Dercon qui fut longtemps à la tête de la Tate Modern et dirige maintenant la Volksbühne de Berlin, est revenu à Londres pour cette grande expo Wolfgang Tillmans qu’il a organisée. Il ne tarit pas d’éloges pour cet artiste qu’il compare à un « homme de la Renaissance en plein XXIe siècle ».

Tillmans ne cesse d’explorer des terrains nouveaux pour son art. Il renouvelle aussi la manière de faire des expos. A la Tate, il s’est occupé lui-même du choix des oeuvres et de l’arrangement des salles. Une exposition ou un livre sont pour lui, aussi des formes d’art. Il juxtapose de très grandes photos et des toutes petites, en place dans les coins des salles, ou très haut, punaise de grands tirages ou en met sous cadres.

Il veut secouer et renouveler notre regard, montrer que l’intérêt est souvent dans les « coins » du monde qui nous entoure, nous montrer aussi l’importance des « bords » d’une photo comme les « bords » de la société.

Tillmans a multiplié les expérimentations mais toujours avec cette empathie pour la complexité du monde qu’il avait déjà, jeune, en Allemagne dans les communautés technos. Sa seule question, dit-il, en regardant le monde comme il va, est : « Puis-je en faire une photo et apporter quelque chose de neuf ? »

Turner Prize

Il a étendu son art à la mode, la musique, les pochettes de groupes pop, la vidéo, la défense de causes politiques comme le mouvement gay, la lute contre le inégalités et, l’an dernier, la lutte conte le Brexit, via des posters créés par lui avec des slogans comme : « Poutine et Le Pen appuient le Brexit, est-ce ça que vous voulez ? ».Tout en revenant sans cesse aussi à la beauté et à l’histoire de l’art.