Arts et Expos

C’est un des plus beaux musées de Belgique, mais il est dans un état pitoyable. Le musée des Beaux-Arts de Tournai fut achevé en 1928 par Horta, dans une architecture remarquable. Il est en étoile avec un hall central donnant sur des salles rayonnantes. Ce musée est pour certains, son chef-d’œuvre. La lumière zénithale y est magnifique, il ne faut jamais rien éclairer.

L’architecte a conçu ce musée en multipliant les points de vue, les trouées, qui permettent au visiteur d’établir des liens. Une seule pièce accrochée peut être découverte sous des cadrages différents. Cela crée une activité du regard. Mais pour des motifs de conservation, il a fallu occulter en partie les verrières (la lumière est trop forte pour les dessins) et pour des motifs de démonstration, on a dû placer des cimaises qui "cassent" ces perspectives.

Il abrite surtout les œuvres (dont deux Manet formidables) du grand collectionneur et mécène bruxellois Henri Van Cutsem (1839-1904).

Problème : depuis 1928, il n’a plus bougé et n’est plus du tout aux normes muséales. En 2013 nous écrivions : « A l’étage, des seaux sont déposés pour l’eau qui perce du toit. Le conservateur-directeur Jean-Pierre De Rycke est réduit à quasi camper dans un musée qui semble avoir été dangereusement oublié de toutes les autorités. Un musée qui n’obéit plus du tout aux normes muséales d’aujourd’hui, ni en matière de sécurité (hygrométrie, température, etc.), ni en termes de confort des visiteurs et du personnel. »

Grand bureau

Fadila Laanan débloqua le dossier en 2012 avec le financement d’un concours international d’architectes et la promesse ensuite, de travaux pour une quinzaine de millions d’euros. Le concours pour un tel bâtiment historique a attiré de nombreux grands architectes. On a appris que le jury avait classé cinq bureaux en tête dont, en premier, celui de l’architecte bruxellois Xaveer De Geyter. Mais rien n’est fait. Le collège communal de Tournai a juste entériné le classement du jury, mais il va commencer maintenant la négociation avec le bureau arrivé en tête (Xaveer De Geyter donc, même si la ville ne veut pas le confirmer et refuse de citer tout nom). On précise juste au cabinet du bourgmestre, Rudy Demotte que celle-ci portera d’abord sur le coût, car le prix du projet arrivé dépasserait dit-on les possibilités budgétaires de la ville.

Rien n’est donc fait pour le bureau De Geyter. C’est lui qui construit le spectaculaire aménagement de la place Rogier et a construit la tour du Ceria qu’on voit du Ring.

Xaveer De Geyter (XDGA) dont les principaux projets, depuis 25 ans, ont bénéficié récemment d’une rétrospective au Civa, le centre pour l’architecture à Bruxelles, c’est 55 personnes, une base à Bruxelles et une antenne de six personnes à Paris pour deux grandes commandes : un plan directeur pour l’immense zone Paris-Saclay et la transformation de l’entrepôt MacDonald, 150 000 m2.