Cinéma "The First Purge", un quatrième volet très politique du "cauchemar américain".

Quand James DeMonaco a imaginé "The Purge" en 2012, le propos était dystopique. Tensions et violences étaient évidemment présentes dans la société américaine mais les Etats-Unis venaient de réélire leur premier président noir et le souvenir de crise financière de 2008 commençait à s’effacer… Aujourd’hui, on jette un regard différent sur cette série de films à succès des studios Blumhouse. Car ce quatrième volet, cette fois réalisé par Gerard McMurray (même si le scénario est toujours signé DeMonaco, occupé à la production de sa future série "The Purge"), est cette fois contemporain. "The First Purge" est en effet une préquelle. L’action ne se passe plus en 2022 mais aujourd’hui, dans l’Amérique de Trump. Le film n’est dès lors plus une dystopie mais bien une métaphore de la société américaine actuelle…

Comme son titre l’indique, "The First Purge" retrace la première "purge", une "expérience sociale" imaginée par le gouvernement des Nouveaux Pères Fondateur de l’Amérique, qui ont fait voler en éclats le clivage Démocrates-Républicains. Durant une nuit, tout sera permis, même le meurtre, dans les rues de Staten Island (où DeMonaco a tourné son premier film "Little New York" en 2009 et où il tourne actuellement "Once Upon a Time in Staten Island"). Contre 5 000  $, ses habitants sont encouragés à ne pas quitter l’île située au sud de Manhattan. On leur offre même plus s’ils acceptent de participer activement à cette "catharsis sociale" censée soigner la violence par la violence, en permettant aux citoyens de purger leurs pulsions les plus inavouables.


Si ce 4e volet accouche des scènes de déchaînement de violence esthétisées attendues par les fans de la série - notamment dans un final façon "Rambo" vraiment too much -, toute la mise en place est glaçante. Le film décrit en effet la façon dont la politique exploite la violence des citoyens à ses propres fins.

Entièrement mené par des Blacks et des Latinos, "The First Purge" est un brulot sans concession contre la politique de Donald Trump, clairement visé à travers quelques références transparentes (soutien russe, du Ku Klux Klan…).

Comme le dernier clip de Childish Gambino "This is America", le film met en scène le déferlement de la violence, du racisme, des tueries de masse. Et c’est en cela qu’il s’agit bel et bien d’un film d’horreur. Car au vu des tensions actuelles, qui se déchaînent notamment sur les réseaux sociaux, on en vient à se demander si une telle "expérience" ne trouverait pas aujourd’hui nombre de supporters…

Réalisation : Gerard McMurray. Scénario : James DeMonaco. Photographie : Anastas N. Michos. Musique : Nathan Whitehead. Montage : Todd E. Miller. Avec Marisa Tomei, Lex Scott Davis, Y’lan Noel… 1 h 43.

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