"Amores Perros" remporte le prix de l'UCC

F.Ds. Publié le - Mis à jour le

Cinéma

Noël en décembre, grand prix de l'UCC (Union de la Critique de Cinéma) en janvier. C'est une tradition établie depuis plus de quarante ans parmi les critiques de cinéma du nord et du sud du pays qui se rassemblent le premier samedi de l'année au Stekerlapatte à Bruxelles pour déterminer le meilleur film du millésime écoulé ou plutôt celui qui, à leurs yeux, a le plus contribué au rayonnement de l'art cinématographique.

EN TROIS TEMPS

Cette élection se déroule en trois temps. Première étape, chaque critique établit sa liste des 10 meilleurs films de l'année afin de dresser un classement. Deuxième étape, parmi les vingt premiers de cette consultation, cinq sont choisis à l'issue d'une discussion qui se tient à la mi-décembre.

Troisième étape, le dîner du grand prix qui se déroule suivant une organisation immuable. En effet, chaque film est défendu par un avocat. Après les plaidoiries, des tours de vote envoient successivement le moins bien classé à la trappe. Et, entre chaque tour de scrutin se déroule une foire d'empoigne cinématographique, pour récupérer les voix du film sorti.

EUROPE, AMÉRIQUE, ASIE

Cette année, les cinq longs métrages étaient Amores Perros

(Amours chiennes) du Mexicain Alejandro Gonzales Iniarritu, Yi Yi du Taïwanais Edward Yang, The Pledge de l'Américain Sean Penn, Les Glaneurs et la Glaneuse de la Française Agnès Varda et Memento de l'Anglais Christospher Nolan. Soit, une sélection de qualité et très variée, tant en ce qui concerne les genres que les nationalités. Toutefois, il était communément admis par l'assemblée, que `Yi Yi´ était le meilleur film du cru, ce qui lui valut d'être le premier éliminé de la journée. Aussitôt suivi par `Memento´ pourtant défendu avec humour.

Le débat s'est alors polarisé sur la conception même du grand prix. Faut-il le décerner à un jeune réalisateur et participer ainsi au lancement d'un nouveau talent ? En l'occurrence le Mexicain Inarritu dont `Amores Perros´ est le premier film. Ou bien faut-il consacrer une carrière, braquer l'attention des nouvelles générations cinéphiles et dévédéphiles sur un cinéaste dont le nom leur est sans doute inconnu mais à la filmographie si riche et originale ? Et Agnès Varda, la grand-mère de la nouvelle vague, d'entrer alors au Palmarès de l'UCC. Entre les deux pôles, est venu s'intercaler `The Pledge´ de Sean Penn, un jeune réalisateur (c'est son troisième film) mais qui consacre le talent de Nicholson dans son interprétation la plus subtile, la plus intériorisée.

PROJECTION GRATUITE LE 17 JANVIER

La bagarre verbale fut longtemps indécise entre, selon les mots de participants: la petite musique de `La Glaneuse´, The `Pledge´ qui sait faire parler l'image et faire taire ses acteurs, et `Amores´, une saisissante description de l'enfer urbain. Tenant la corde dès le début, Amores ne devait pas la lâcher, s'imposant finalement devant `The Pledge´.

On est d'autant plus heureux que son `avocat´ était Damien Bodart, que les lecteurs de `La Libre Cinéma´, connaissent bien sous les initiales D.B. On est content pour lui et pour son papa qui, nous apprenait-il dans sa plaidoirie, souhaitait voir le film mais avait trop tardé. Grâce au prix de l'UCC, il pourra le rattraper. Une opportunité offerte à tous, et même gratuitement, le 17 janvier, jour choisi par son distributeur, CNC, pour organiser une projection spéciale. On en publiera les modalités prochainement.

© La Libre Belgique 2001

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