André Delvaux, maître cinéaste belge, n'est plus

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Cinéma

André Delvaux, 76 ans, s'est écroulé inconscient après avoir prononcé vendredi soir un discours sur le cinéma devant le public du Palais des congrès de Valence où se tenait la deuxième édition de la Rencontre mondiale des arts de la ville. Victime d'un arrêt cardiaque, les médecins n'ont pu le ranimer.

Né à Heverlee le 21 mars 1926, André Delvaux, était venu au cinéma par le piano qu'il avait étudié en même temps que le droit et la philologie. Il a ainsi créé des fonds musicaux pour des films muets projetés à la cinémathèque de Belgique.

Après quelques séminaires sur le langage cinématographique, il réalise des documentaires pour la télévision, notamment sur les cinéastes Federico Fellini et Jean Rouch.

Le réalisme magique

Il saute le pas en réalisant son premier long-métrage en 1965. "L'homme au crâne rasé", adapté du roman du flamand Johan Daisne, raconte l'amour d'un professeur pour une de ses élèves. Dans ce film, on retrouve déjà ce ton très particulier à la limite du fantastique qui caractérise une partie de son oeuvre et que l'on identifiera plus tard sous le nom de "réalisme magique".

En 1968, il tourne "Un soir un train", également adapté de Johan Daisne. Contrairement à son premier film, ce film, désormais en couleur, sort en français. André Delvaux y met en scène Anouk Aimée et Yves Montand.

En 1971, "Rendez-vous à Bray", une adaptation d'une nouvelle du Français Julien Gracq, apporte la consécration à André Delvaux. Le film est couronné par le prix Louis Delluc remis par la presse cinématograpique française. La Première guerre mondiale y sert de toile de fond pour un film chargé d'atmosphère tout centré sur les souvenirs et les relations humaines. Anna Karina, Bulle Ogier et Mathieu Carrière y tiennent les premiers rôles.

On y retrouve déjà le goût des histoires simples s'inscrivant dans des paysages magnifiques et isolés comme celui des Hautes-Fagnes de "Belle", un film réalisé en 1973 où le rêve se confond avec la réalité.

Il réalise en 1979 "Femme entre chien et loup" qui met en scène, pendant la seconde guerre mondiale, une femme partagée entre son mari collaborateur et son amant résistant. Ce film, où les premiers rôles sont tenus par Marie-Christine Barrault et Rutger Hauer, clôture la période "réalisme magique" d'André Delvaux.

Retour au documentaire

En 1980, il revient au documentaire sur les cinéastes avec "To Woody Allen from Europe with love". "Babel opéra" (1985) s'inscrit également dans cette veine documentaire.

En 1983, "Benvenuta", un de ses films les plus aboutis d'après l'oeuvre de Suzanne Lilar, sort sur les écrans. Il y met en scène Fanny Ardant, Vittorio Gassman, Françoise Fabian et Mathieu Carrière. Dans ce film, un jeune scénariste rend visite à une romancière pour les besoins d'un film au sujet du livre qu'elle a écrit il y a quelques années.

En 1988, André Delvaux réalise "L'oeuvre au noir", adapté d'un roman de Marguerite Yourcenar. Il y met en scène, dans la Flandre du XVIème siècle occupée par l'Espagne, le philosophe Zénon (joué par Gian Maria Volonte) qui vient à Bruges et y crée un hôpital pour les pauvres.

Professeur à l'INSAS, il est un des maîtres incontestés de l'actuel cinéma belge. "Tous les réalisateurs de ma génération, 40-50 ans, ont été marqué par son travail", a affirmé Luc Dardenne samedi matin au micro de la RTBF.

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