Cinéma L’actrice belge s’est vu remettre le Molière de la révélation féminine de l’année dans la nuit de lundi à mardi.

Derrière ces grands yeux bleus se cachent Anna Cervinka, doux nom au charme slave bien que l’actrice soit née l’an 1980 au plat pays. C’est de son paternel, architecte, qu’elle hérita d’origines tchèques. La demoiselle grandit et fait toutes ses classes dans notre capitale. Quelque part en chemin, elle attrape le virus du théâtre et tombe amoureuse des planches. Dès que la cloche a sonné, elle file donc sans attendre vers le Conservatoire royal de Bruxelles, où elle apprend sous la houlette de Bernard Marbaix, Hélène Theunissen, Daniela Bisconti ou encore Daniel Hanssens, entre autres de ses enseignants.

A sa sortie, elle part prendre l’air de Biélorussie. Nous sommes en 2008, et Anna s’inscrit à l’école de théâtre "Demain le Printemps", du côté de Minsk, où elle fait siennes les techniques de l’Est, parfait son jeu et élargit sa palette.

A son retour, elle prend son élan jusqu’au Centre des arts scéniques de Mons, qui lui servira de tremplin. Elle y fera quelques rencontres déterminantes, de Pascal Crochet à Philippe Sireuil en passant par Galin Stoev, qui tous feront jouer la demoiselle. En 2010, elle est nominée espoir féminin au prix de la critique, pour son interprétation dans "R.W. (Premier Dialogue)", mis en scène par ce même Pascal Crochet. Puis les rôles et les succès s’enchaînent au fil des saisons. Citons ses prestations avec Dominique Bréda ("Le Groupe" et "Ice Cold Sisters"), Bernard-Marie Koltès ("Combat de nègre et de chiens"), Daniel Danis ("Le Langue-à-langue des chiens de roche"), et la liste est loin d’être exhaustive. Elle joue aussi Feydeau avec la Cie Kiekebiche, et s’offre même le "Toc Toc" de Laurent Baffie. CV tous azimuts.

Anna Cervinka est en outre pensionnaire à la Comédie française depuis l’été 2014, enrôlée dans la "Rûche" sur un coup de cœur de Muriel Mayette-Holtz (jadis à la tête de l’institution), séduite par son jeu dans "Liliom", un classique du théâtre hongrois alors mis en scène par Galin Stoev au théâtre parisien La Colline. Enfin, dans la nuit de lundi à mardi, l’actrice belge ajoutait un Molière à sa déjà jolie carrière. Celui de la révélation féminine, pour sa prestation dans "Les Enfants du silence" de Mark Medoff, où elle retrouva le rôle de Lydia - déjà endossé lors de la saison 2014-2015 - , toujours mise en scène par Anne-Marie Étienne.