Cinéma

La scène d’ouverture (un père joue avec sa fille dans un immense décor fait maison) et le générique de fin (des maquettes des scènes d’action du film) pointent en direction du public-cible de "Ant-Man et la Guêpe" : les pré-ados. Dans l’univers cinématographique Marvel, Ant-Man, alias Scott Lang (Paul Rudd), est, avec Spider-Man, l’autre "homme-insecte", le plus kids-friendly. Né sur papier en 1962, ce super-héros dispose du pouvoir de passer de la taille d’une fourmi à quatorze fois celle d’un humain.

La famille n’est jamais loin dans le cinéma hollywoodien, et dans les films Marvel en particulier. Demi-frères et soeur ennemis (Thor), orphelins tourmentés (Iron Man et Spider-Man, le premier jouant le père de substitution du second), famille reconstituée et dysfonctionnelle (Les Gardiens de la Galaxie), père de sa nation (Black Panther) ou fils idéal de la sienne (Captain America),… Les vengeances, trahisons, quêtes et guerres galactiques (jusqu’au récent "Infinity War") sont à l’aune des traumas intimes des uns et des autres.


Même pulsion dans l’encore jeune franchise "Ant-Man" : si dans le premier deux pères (Scott Lang et Hank Pym) luttaient pour conserver l’amour de leur fille respective, le deuxième opus devient récit de couple comme l’indique le titre. De deux couples, en fait. Celui formé par les premiers Ant-Man et Guêpe, Hank Pym et Janet van Dyne (Michael Douglas et Michelle Pfeiffer), brisé quand la seconde se sacrifia pour la bonne cause.

Le second couple, en froid, est formé par la fille des précités, Hope van Dyne (Evangeline Lilly), et Scott Lang, le nouvel Ant-Man. Pour réunir la famille, il faut retrouver la première Guêpe, disparue dans le "champ quantique".

L’opposition est incarnée par Ava "le Fantôme" (Hannah John-Kamen), autre orpheline, dont le corps "déphase", et Burch (Walton Goggins), trafiquant de technologies.

Si l’argument scientifique est nébuleux, les arguments émotionnels sont plus porteurs. Ant-Man est un des personnages les plus sympathiques de l’univers Marvel au cinéma, humain et proche du vécu des spectateurs : père ordinaire, gauche, mais sincère.

Du côté de l’action inhérente au genre, Evangeline Lilly gagne en puissance et en présence. Sa Guêpe n’a de leçon à recevoir de personne. Lawrence Fishburne complète le casting dans le rôle de Bill Foster, ancien Giant Man.

Le second degré (via les compères de Scott), un costume défectueux en guise de running gag et une poursuite de voitures avec changement d’échelle, pimentent une trame convenue.

Rêve de gosse, à l’image de son générique de fin, "Ant-Man et la Guêpe" s’assumant comme tel. Ce faisant, il se distingue de l’ordinaire Marvel, sans pour autant laisser un souvenir impérissable.Alain Lorfèvre

Réalisation : Peyton Reed. Avec Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Douglas, Michelle Pfeiffer,… 1h58.

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