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Spare parts*
Passeurs de misère
F.Ds
Mis en ligne le 16/11/2004
"Quand la Slovénie sera dans l'Europe, on aura perdu notre boulot!"
Que Rudi et Ludvik se rassurent, l'emploi de passeur n'est pas menacé. En mai 2004, il leur aura suffi de changer de frontière, de changer de ville, pour continuer d'exercer. Eh bien, franchement, cela ne peut pas être pire qu'à Krko, là ou Tito, voici quelques décennies déjà, inaugurait fièrement le complexe nucléaire yougoslave.Aujourd'hui, il est difficile de trouver un endroit plus sinistre. Le cancer y est d'ailleurs aussi actif que le Vlaams B. à Anvers. Quand on ne se bourre pas la gueule au bistrot, on va voir des courses de motos bizarres qui tournent en rond sur un anneau de poussières ou on fait passer des Croates, des Iraniens, des Pakistanais, des Africains dans l'Union européenne à travers la frontière italienne.
DÉLABREMENT MORAL
Le réalisateur Damjan Kozole brosse le portrait de ces passeurs. Comme on les imagine, ce sont des salauds ordinaires qui exploitent la misère humaine en général, et s'offrent contre un quart de pizza, la jolie petite Macédonienne sans le sou.Mais, bon, il faut essayer de regarder au-delà des clichés et de l'horizon bouché. La situation de ces pauvres bougres est finalement peu enviable, leur vie est à peine moins glauque que celle de ceux qu'ils transportent.Ce premier film slovène à atteindre les écrans belges fait froid dans le dos tout en laissant perplexe. Susciter de la compassion pour les passeurs en les montrant comme les victimes de la société «titolutaire» et de son délabrement moral est un exercice pour le moins saugrenu même s'il nous renseigne sur une réalité.
© La Libre Belgique 2004
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