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Shortbus *
Les sinistrés du point G
F.Ds
Mis en ligne le 08/11/2006
Un prostitué, son ami, une sexologue, son mari, une maîtresse sado-maso, un drag queen. Voilà de quoi créer un film choral plutôt hot. D'ailleurs, il ne faut pas attendre bien longtemps pour qu'il devienne très très hot. Mais aussi très très drôle.
Et c'est bien là que le film de John Cameron Mitchell surprend par son humour déjanté et iconoclaste. Un exemple parmi d'autres. Trois homos sont occupés à leurs petites affaires, quand l'un se met à chanter l'hymne américain dans le derrière de l'autre alors que le troisième prend le premier sexe qui lui tombe sous la main et s'en sert comme d'un micro. On n'avait plus vu pareille provoc'depuis Jimi Hendrix à Woodstock.
Le sujet, par contre, surprend en telle compagnie. En effet, notre sexologue diplômée est persuadée que l'orgasme n'existe pas. Encouragée par deux de ses clients, elle se décide à pousser la porte de «Shortbus» pour en avoir le clito net.
Il s'agit d'un lieu new-yorkais totalement dévoué aux jeux de l'amour et du hasard des partenaires. Toutes les combinaisons sont possibles et assez inimaginables, jusqu'à l'autofellation. Mais plus ces aventuriers du point G parlent du plaisir, plus ils le recherchent activement, et plus ils apparaissent névrosés, prisonniers d'une sexualité maladive, obsessionnelle, glauque. Et l'humour singulier du début se trouve passablement plombé pour faire place à un ensemble d'êtres sinistrés, suicidaires. Là, John Cameron Mitchell force la dose, comme dans son film précédent, «Hedwig and the Angry Inch», le portrait musical d'un transsexuel lancé sur un rythme dément, un punk rageur, provocateur, mais qui se terminait en balade boursouflée à la Céline Dion.
Reste tout de même un film traitant du sexe d'une rare franchise; on est loi de l'exercice honteux des «Anges exterminateurs» de Brisseau.
© La Libre Belgique 2006
Savoir Plus
Scénario & réalisation: John Cameron Mitchell. Image: Frank DeMarco. Décors: Jody Asnes. Musique: Yo La Tengo. Montage: Brian A.Kates. Avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson... 1h42.
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