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Cannes 2008

Catherine Deneuve, le "visage" du cinéma français

AFP

Mis en ligne le 25/05/2008

"Son visage, je le filmerais comme ça, simplement, durant des heures", se plaît à répéter le réalisateur André Téchiné en évoquant son actrice fétiche.

A Cannes, elle campait une mère cruelle dans "Un conte de Noël" d'Arnaud Desplechin, sélectionné en compétition, et jouait son propre rôle dans "Je veux voir", tourné au Liban après la guerre de l'été 2006, montré au Certain Regard.

Star préférée du public hexagonal, Catherine Deneuve est l'une des rares comédiennes françaises à avoir acquis une stature internationale. Ambassadrice de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine cinématographique mondial, co-présidente du Festival de Cannes aux côtés de Clint Eastwood en 1994, elle symbolise à l'étranger le charme et le cinéma français.

Sa prestation dans "Indochine" (1992) de Régis Wargnier, qui lui fait décrocher son deuxième César en France, douze ans après "Le dernier métro" de François Truffaut, lui a d'ailleurs valu une nomination comme meilleure actrice aux Oscars d'Hollywood.

Née le 22 octobre 1943 à Paris, Catherine Deneuve grandit dans une famille d'acteurs de théâtre. Si ses parents, Maurice Dorléac et Renée Simonot, dite Deneuve, sont comédiens, elle avoue toutefois être venue au cinéma presque par hasard, à reculons même, poussée par sa soeur, la talentueuse Françoise Dorléac: c'est l'époque des "Collégiennes" (1957) et des "Petits chats" (1959).

Ses rencontres avec les cinéastes Roger Vadim, mais surtout Jacques Demy, précipitent les choses. En 1963, elle a 20 ans et tourne "Les Parapluies de Cherbourg". Succès immédiat: le film obtient le prix Louis-Delluc et la Palme d'or au festival de Cannes. La brune et effacée Catherine Dorléac, devenue la blonde Catherine Deneuve, est désormais une véritable star.

Ce succès met fin aux rôles de série B, où la jeune première se retrouvait jusque-là cantonnée. Catherine Deneuve prend sa carrière en main et contrôle désormais sa vie publique et son image en vraie femme d'affaires.

Elle épluche les scénarios et choisit ses metteurs en scène. Manucure schizophrène dans "Répulsion" (1965) de Roman Polanski, elle inspire Luis Bunuel en Parisienne BCBG se prostituant à ses heures perdues dans "Belle de jour" (1966) et en "Tristana" cruelle et sensuelle (1969). Inoubliable "soeur jumelle née sous le signe des Gémeaux" aux côtés de Françoise Dorléac dans "Les demoiselles de Rochefort" (1966) de Jacques Demy, "Sirène du Mississipi" (1969) machiavélique pour François Truffaut, elle apparaît en "enquiquineuse" enjouée et volubile, harcelant Yves Montand, dans "Le sauvage" (1975) de Jean-Paul Rappeneau, comédie à la Frank Capra, dans la pure tradition hollywoodienne.

Nombre de films auxquels Catherine Deneuve a participé ont reçu les plus hautes récompenses, à l'instar de "Dancer in the Dark", Palme d'or à Cannes en 2000, tourné avec la chanteuse islandaise Björk.

Arrivée largement en tête des préférences des Français au palmarès de la beauté, l'actrice avait été choisie pour le buste de Marianne en 1985. Ses regrets cinématographiques ? N'avoir jamais tourné avec Alfred Hitchcock ni Elia Kazan. Elle rêverait également d'incarner le personnage de la romancière George Sand à l'écran. Deneuve, qui n'a jamais fait de théâtre, justifie cette absence des planches par son "trac immense".

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