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Red Cliff (Les 3 royaumes)*

La bataille des falaises rouges

F.Ds

Mis en ligne le 25/03/2009

John Woo filme une page d’histoire de la Chine

Dans "L’empereur et l’assassin", Chen Kaige racontait, dans une fresque historique monumentale, comment, au IIIe siècle avant Jésus-Christ, Ying Zheng avait fédéré les sept royaumes de Chine.

A l’heure ou "Red cliff" commence, environ 600 ans plus tard, cette immense Chine vit une crise. Un Premier ministre veut asseoir son pouvoir et accroître son prestige en soumettant deux petits royaumes au moyen de son armée impériale forte de 800 000 hommes et de milliers de bateaux.

Même si les deux modestes rois décident d’associer leurs forces, celles-ci sont environ 20 fois inférieures. C’est néanmoins parti pour deux bonnes heures de film de sabre à la chinoise où il est bien difficile de reconnaître les bons des méchants. Ce qui rend les combats assez vite fastidieux.

Au terme de ces épuisantes batailles, on ne peut que constater l’échec de John Woo à rendre cette page d’histoire chinoise, épique et poétique, au-delà des frontières nationales.

Pourtant, les éléments sont là : la démesure de l’affrontement, le décalage des forces en présence (c’est Barcelone contre Tubize), la personnalité du général Zhou Yu - le héros incarné par Tony Leung -, fin stratège et musicien, le théâtre grandiose des batailles dans les gorges du Yang-tzé et, enfin, les valeurs d’amitié et la loyauté qui triomphent de la force, mais encore de la cruauté, de la fourberie, de l’arrogance.

Pas étonnant que cette bataille des "Falaises rouges" soit entrée dans la légende chinoise.

Et celle du cinéma ? Du cinéma chinois, c’est déjà fait avec des records de yens investis, et des records de fréquentation.

L'effet numérique

Mais au-delà, le film le plus cher de John Woo, celui qui marque son retour au pays natal, peine à être épique. Certes, les mouvements d’appareil, les accélérés et arrêts sur image, les effets pyrotechniques et un vol de colombes authentifient l’auteur de "Face Off".

Mais le réalisateur de "Mission Impossible 2" a aussi ramené avec lui la technologie numérique d’Hollywood. Appliquée à une bataille antique, l’effet est désastreux en ruinant tout souci de réalisme. L’esthétique est virtuelle, celle d’un jeu vidéo sur grand écran avec ses mouvements tape à l’œil, ses couleurs criardes et ses duplications à l’infini.

C’est autant la bataille des falaises rouges que celle de la reconstitution à l’ancienne contre le numérique. Au terme de deux très longues heures, on est toutefois heureux d’apprendre que les Chinois ont inventé le football, et que Ping An, l’actionnaire chinois de Fortis, tient son nom du fils du général Zhou Yu et de sa très belle épouse.

Savoir Plus

Réalisation : John Woo. Image : Yue Lu. Musique : Tarô Iwashiro. Montage : Angie Lam. Décors : Tim Yip. Effets spéciaux : Craig Hayes. Avec Tony Leung, Zhang Fengyi, Zhao Wei 2h25.

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