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What Just Happened* *
Chienne de vie
F.Ds
Mis en ligne le 25/03/2009
Le cigare, la grosse bagnole, les relations, les starlettes, le pouvoir. Qui n’a rêvé, un jour, d’emprunter la panoplie du producteur ?
A ceux-là, on ne saurait trop recommander la vision de ce "What Just Happened".
Des stars, Ben, un producteur hollywoodien, en connaît beaucoup, mais backstage. Et c’est pas toujours beau à voir quand l’ego ressemble à une tumeur. Quant au pouvoir, c’est surtout celui de sauver les meubles en négociant.
"I don’t like mondays", chante probablement Ben sous la douche. Ce lundi-là, se déroulait un test screening de sa dernière production. Tout se passait normalement, des spectateurs regardaient sagement tout en ruminant quand le dernier plan à "électrochoquer" la salle. Comme si tous les spectateurs s’étaient étranglés en même temps d’un pop-corn dans le gosier. Les méchants avaient abattu le héros d’une bonne rafale - quoi de plus normal -, mais avaient terminé le travail en vidant leur chargeur sur son chien.
Tollé dans le public, outré par cette scandaleuse débauche de violence gratuite. Et voilà, Ben, tiraillé entre l’auteur, fier de sa provocation, et le directeur du studio, furieux devant l’addition : ce cabot crevé va lui coûter 50 millions de dollars.
S’il n’y avait que cela, mais Ben doit encore passer chez ses deux femmes pour prendre les enfants ici pour les déposer là-bas. Et voilà qu’en chemin, un de ses réalisateurs lui apprend que Bruce Willis est désormais barbu, avec une bonne quinzaine de kilos de plus, ce qui le rend tout de suite moins attractif pour son public de ménagères de plus de 50 ans. Ben parviendra-t-il à lui faire couper sa barbe avant le premier jour de tournage ? C’est en gros - hem ! -, le ressort de l’insoutenable mais hilarant suspense de "What Just Happened".
Son huit et demi
Comme tout grand réalisateur, Barry Levinson ("Rain man", "Wag the Dog", "Good Morning Vietnam", "Avalon") livre son "Huit et demi", sa "Nuit américaine", son film sur le cinéma, mais en privilégiant sa casquette de producteur par rapport à celle de réalisateur.
Que fait exactement un producteur à part fumer le cigare, aimanter les starlettes et signer des chèques ?
Eh bien, là, on voit : un type qui court d’un coin de Los Angeles à l’autre pour régler des problèmes. C’est une sorte de balle qui va du patron du studio à la star, du réalisateur à l’agent, pour constater que chacun veut un film différent. Il est la mayonnaise qui doit faire passer le sandwich, et la mayonnaise, Barry Levinson sait la faire monter. A la base, il y a l’ouvrage du producteur Art Linson, et puis, on le sent, il y a le vécu personnel qui donne à l’entreprise une authenticité, une distance, de l’ironie et pas mal de "4x4-dérision", d’autodérision, quoi.
Robert DeNiro, qui faisait peine à voir sur grand écran depuis un long moment, trouve là un rôle qui le stimule. D’Hollywood à Cannes, il prend à cœur ce boulot de guide, faisant visiter l’envers du décor de l’usine à films.
Savoir Plus
Réalisation : Barry Levinson. Scénario : Art Linson. Image : Stephane Fontaine. Décors : Stefania Cella. Costumes : Donna Maloney. Montage : Hank Corwin. Musique : Marcelo Zarvos. Avec Robert De Niro, Catherine Keener, Sean Penn, John Turturro, Bruce Willis, Michael Wincott 1h46.
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