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Pour un instant de libertél Ein Augenblick Freiheit
Clandestins
A.Lo.
Mis en ligne le 25/11/2009
Il est des lieux sur Terre où la liberté se paie chèrement. Au cri de celle-ci, deux hommes et une femme sont exécutés au début de "Pour un instant de liberté", premier long métrage d’Arash T. Riahi, cinéaste iranien résidant en Autriche depuis 1982. Aux confins de l’Iran, ils sont plusieurs à prendre le chemin, clandestin, de l’exil. Il y a ce couple avec un enfant. Ou ces deux amis, à peine adultes, avec les petits cousins de l’un d’eux. Ces réfugiés se retrouvent bientôt à Ankara. Pas encore sauvés pour autant. Sans papier, ils jouent à cache-cache avec la police, doivent éviter d’être capturés par les agents des services secrets iraniens, qui bénéficient de complicités locales, et, surtout, obtenir le précieux sésame vers l’Union européenne : un statut de réfugié délivré par le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’Onu.
Parcours du combattant, donc, avec ses différentes variantes, que le film aborde à travers ses différents protagonistes. Le désespoir guette ceux qui se retrouvent sur une voie sans issue - et pour lesquels le retour ne peut pas être une option, au risque de se retrouver dans les geôles du régime. Si, sur le fond, les intentions du film sont louables, la dramatisation des situations laisse parfois à désirer : chaque personnage incarne un cas de figure qui se veut exemplaire, tandis que le scénario évite d’écorner les employés de l’Onu ou les passeurs, tout en chargeant les exploiteurs (l’hôtelier) et les séides du régime. Reste des personnages touchants : un père désespéré, une mère perplexe, des enfants vivant la situation comme un jeu jusqu’à ce que la réalité les rattrape ou ce couple mal assorti du Kurde et du vieil homme gardant encore intact l’espoir d’une vie meilleure. Le plus attachant étant Ali (Navid Akhavan), le jeune homme prêt à tout sacrifier pour deux enfants qui ne sont même pas de son sang : derrière lui résonne l’écho des cris de tous ceux qui, chaque jour, continue de revendiquer le droit d’atteindre de nouveaux horizons, sous des cieux plus cléments.
C’est dans sa pertinente urgence que ce film finit par faire sens.
Réalisation : Arash T. Riahi. Photographie : Michi Riebl. Avec : Navid Akhavan, Pourya Mahyari, Kamran Rad, Payam Madjelssi, Behi Djanati-Atai, 1h50
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